Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La Chine Illustrée

II scfait
des con-
venons
insignes
dans la
Cour du
Roy.
Les Rey-
nes & les
Jitiiiuques
les con-
vertissent.

Il yahui-
clrante
mille
Chrc-
stiensou
Neophi-
tes d'aug-
menta-
tion.

La mort
du Roy.

14-4-
cette affection que le Roy portoit ano-
ure sàinte Religion fût cause de la con-
version de beaucoup de persbnnes très
considerables, ainsi que des Princesies,
des Colaites, 8c des Eunuques, lesquels
ontesté suivisde plusieurs du premier
ordre des Mandarins, & d'une infinité
d'autres de la ville de (Pékin} qui ressèm-
ble plutost une Province qu'une Ville,
à raison de sa grandeur. La loy de l'E-
vangile fût si bien receuè qu'il y eût
plus de 80000. persbnnes qui vindrent
dans le lèin de la S. Eglise ; desorte qu'a-
yant envoyé des lettres par tout l'Em-
pire, pour publier ces bonnes nouvelles,
cela fût cause qu'un grand nombre de
persbnnes sè sbusmirent à l'empire de
Je fus Chrijî. Je prie Dieu de vouloir
envoyer à cette grande moysion tous
les ouvriers qui y sont necesiàires. Vo-
yons maintenant après un 11 heureux
succez, combien esi grande l'inconstan-
ce des choses humaines. Tandis que
ce grand Monarque estoitdans son Pa-
lais, joûisîant de la santé, & des plai-
sirsj cependant (dis-je) qu'il faisbit de
beaux projets, 8c qu'il augmentoit
tous les jours son pouvoir, Dieu per-
mit qu'il fût accable d'une subite ma-
ladie , 8c que par un fecret jugement
de la divine providence, il partit bien
tost après de ce monde, privé de la grâ-
ce qu'il avoit si ardamment desirée pour
les autres. L'on remarque, quequoy-
qu'il eût sou vent demandé l'assistcncc
du Pcre, pandantsa maladie, il en fût
neantmoins prive, par la finesie 8c la
malice des Lamas 8cdcs(Bon%es, quie-
stoient auprès de luy, &quinel'abon-
donnerent jamais qu'il n'eût expiré ; ce
qui fût cause que le P. Adam ne peut
jamais y avoir entrée, nonobstant tout
son empressement, 8c ladreue dont il
peût se servir pour approcher un seul

moment de sa persbnne ; afin de luy
faire recevoir le S. Baptesme; neant-
moins, comme il persèveroit tousjours
dans son dessèin, nonobstant tous ces
obsiacles, 8c qu'il ne lessbit aucune pier-
re à remuer pour cet esfet, on luy ac-
corda enfin ce qu'il avoit demandé ;
mais ce fût trop tard j puisque celuy
qu'il croyoit trouver en vie, avoit desja
expiré, ce qui luy causâ un sensible dé
plaisir. Enfin, après qu'on eût disposé
tout ce qui estoit necessaire à la pompe
funèbre d'un tel Monarque, & qu'on
eût dresséun grand bûcher de bois très
précieux &tres odoriférant, on mit le
cadavre au desiùs, accompagné de tou-
tes les chofes les plus rares, les plus ex-
quifes, 8c les plus riches qu'on avoit peu
trouver à vendre dans le Royaume; en
suite de quoy on y mit le feu, & de cet-
te façon ils mirent fin à la grandeur, 8c
à la majeste de cet Auguste Empereur,
lequel laissà pour Succesieur à la cou-
ronne un fils âge de 14. ans. Il faut
sçavoir que comme ce Prince avoit c~
sié sous la diseipline du P. Jean Adam,
8c qu'il luy avoit esté singulierement
recommandé du Roy avant mourir, il
fût ausîi tousjours porté d'une grande
inclination pourla Foy Catholique, &
pour nos Pères. Enfin nous prions
Dieu, que la grâce du baptesme qu'il
avoit déniée au Pere, ne soit point rc-
fusée au fils pour l'amour delà gloire,
& l'augmentation de la republique
Chrestienne. Si quelqu'un dcsiresça-
voir les progrés 8c les conquestes que
fit nostre Religion pendant le règne de
ces Roys de Tartarie. 11 n'a qu'a lire
l'inscription qui estdans l'Eglifede (Pe«
quin, nouvellement bâtie, & il ap-
prendra par ce moyen tout ce qu'il
peût desirer.

Onbrul
(on cors
avec de


L'in-
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