Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Übers.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Seite: 127
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D'A THANASE K I R C H E R E,

?S«iest

avec tant d'avarice , tu naurois pas per-
du ny la liberté , ny la Ville ; mais
maintenant ; puisque tu ne las pas vou-
lu faire, jouis de ton thresor, & bois,
& manges en tant que tu voudras &
que tu pourras ; puisque tu l'as tant ay-
mé. Voyla la fin de ce miserablc hom-
me que toutson argent, ny toutes ses
offres, ne peurent pas empeseher de
perdre la vie par la violence d'une fain
extrême. En suitte de cette conqueste,
ce cœur martial tourna la pointe deses
armes du costé de la Turquie, & après
9 jours de siege qu'il demeura devant
Hakp , qui est une grande Ville , fort
puplée, & très forte, il la sbusmit à sbn
obeissànce. Il n'eût pas plus de peine
de s'assiijetir la célèbre Ville de VamM;
quoy qu'elle ne cedat en rien à la force
de la précédente, &la donna après au
pillage. Enfin poursuivant tousjours
sont dessein, il conquit dans peu temps
toute la Terre Sainte , jusques dans les
deserts d'Egipte, &dans touslesRoy-
aumes qu'il avoit subjugués son prin-
cipal loin estoit de faire revenir tous
les Chrestiens qu'il rrouvoit exilés de
leurs pais, de redonner la liberté à
ceux à qui on l'avoit ostée, & de faire
rendre , & restablir toutes les Eglises
dont ils avoient esté prives aux fraix
& despens de ceux qui les leur avoient
destruites. Mais si ce grand Capitai-
ne mérite quelque gloire à raison du
zele qu'il a sait paroistre pour la
Chrestienté , sa semme (Doucafcaron
(qu'on dit estre defcenduë de la race
d'un de ces trois Roys qui vindrent a-
dorer Jesus Christ dans l'estable de Se-
tlhekm) y doit bien avoir quelque part;
puisque cest elle qui le sollicitoit con-
tinuellement de saire toutes ces belles
& sain&es a&ions par une zele qu'elle
avoit pour la religion Catholique, dans
laquelle elle avoit esté instruite &
par une adversion quelle avoit pour la
pernicieme scéte de Mahomet, à qui
ellevouloitoster la Terre Sainte s &le

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Sepulchre de Jesus Christ pour le re-
donner aux Chrestiens, ainsi qu'il ar-
riva après : car non seulement la Tala-
flim, hTartariecijîerieure, comme ausfi
tous les royaumes de ÏJrmenie, de Col-
chide, de Turcie, de <Babilone, de Syrie,
receurent les lumières de la foy par le
zele Oiaoloin, & pouvoient faire li-
brement & sans crainte l'exercice de
la religion Catholique, & les infidelles
se convertir à la soy de Jesus Christ :
Mais il arriva que aussi tous ceux de
la Tartane majeure, & des païs qui
sont aux extrémités du royaume de
Cathaie embrasîèrent la foy de Jesus
Christ.
S. Jntonin au tom. 3. ùt.c. 8.$.ç.ii. s.Mn.
confirme tout cela : mais potir ce qui
est de celuy que nous avons appelle Le zele à
Haolone.W le nomme Ercaltay Prince,<rHWoWs
& srère de Cublai le grand Cham, lequel
après avoir esté baptilé dépuis quel-
que temps, à caulè de l'ardent zele
qu'il avoit pour la religion Catholique,
fût envoyé par l'Empereur (ainsï qu'il
a esté dit) pour destruire la maudite
le&e de Mahomet, & recouvrer la Ter-
re sain&e, où il fit des aérions d'une e-
ternelle mémoire. L'on trouve dans S.
Jntonin au mesme lieu" susalegué une
lettre eseritte de sa part à S. Loujs %i
de France, qui estoit en Cypre, lequel fai-
soitla guerre aux Mahometans d'un autre
costé ,par la quelle il l'exhorte de joindre
ses forces avec les siennes pour destrui-
re les Sarrasins ; & d'autant que cette
chose est digne de remarque, j'ay vou-
lu insérer icy une copie des melmes let-
tres que Ercaltay Prince de Tartane luy
envoya, lesquelles on esté translatées en
Latin de mot à mot, & dont voyci l'ex-
Câûon.Ercaltay parla pmfjance du très haut, La lettre
General darmée du grand Cham Œoy de
Tar tarie, efertt au grand %oydes branepis, Roy dt
généreux conguerant de beaucoup de (Proyin-£iam'
ces par la feule Valeur de /on efyée, de/en-
feur de la Qhrejliennté, & de la ^eligioti
Apofiolique^ le fils de la Loy E^Angélique,
au
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