Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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D'A T H A N A S E K I R C H E R E. 175
efi enpourpré du fiang des hommes &• des enfans quon facrife aux dé-
mons & qu'on brujle me/me pour mieux marquer leurs r esfet s & leurs a-
dorations à cet ennemi du genre humain, &* a ce 'Prince des ténèbres: au
rejle leur aveuglement ejl fi extrême, qu'ils ont en finguliere vénération
cette partie honteufe de l'homme que les (frecs appellent (pct^Kov^ que la
pudeur la modefiie me defsendent de nommer: Que l'on adore toute forte
d'animaux , comme s'ils ejloient des Dieux 5 &- qu'enfin l'exemple des
Egiptiens a eu tant de' force fur l'ejprit de ce peuple, qu'ils ont rempli
tous leurs païs d'idoles a leur imitation : defiorte que le démon qui efi le
finge delà divinité,n a rien laisfiédans lesfiamtes efcritur es,touchant nos
mifleres fiont il ne fie foit rendu l'imitateur pour tromperies ames,&- pour
donner exercifse afion naturelperverti,defiaire toujours du mal: ce qui a
donnéoccafiona tous les^S S ÏPeres à tous ceux qui ont jamais pronon-
cé'des.oracles,de l'appeller simia Dei,le singe de Dieu.Fous n'aves
qua confiderer la vérité de ce que je du dans la faufse cReligion des Ido-
lâtres\fs- vous y verrés comme dans un miroir une parfaite imitation des
principaux mi fier es , &* des plus efdatantes allions de la S. E friture :
voyés icy de grâce une reprefentation naïfive du fierpent ddS\soyfie^ejle-
védans le defiert pour le fialut des hommes qui dévoient périr. Portés vo-
flre veuefiur lArche de J\(oè qui a confiervé le genre humain de fia rui-
ne totale, regardés en cet endroit l'image de l'enlèvement d'Elie dans un
chariot de feu, &• regardés dans celuy là plufieurs autres chofies fembla-
bles, &■ pour lors vous verres s'il ?i efi pas vray , que l'Idolâtrie efi une
fausfe copie du chrifiianifime, &• une reprefentation malicieufe de nofirc
Religion. Tout cela efiant venu à ma connoifsiancejay eu a mefime temps
m prejfient defir defiaire un fidelle raport des Idoles de diverjes nations,
de leurs cérémonies, &- de leurs coufiumes (lesquclles font maintenant en
ufiage, &• dont fay une parfaite connoisfiance ,a raifon dune grande quan-
tité de lettres que fay receues des Espagnols, des Italiens, des Por-
tugais,, &- des François) avec une relation de la religion des anciens;
esfcerant que par ce raport 3 &- par cette comparai fon3 je n'aurois pas peu
de lumière pour reufiir dans cet ouvrage ,qi:e fay tafehéde perfieïlionner
desiuis longtemps : puifiquefâchant ïanalogie la refsemblance de ces
coufiumes y de ces cérémoniesde ces fimulacres, il ne me fera pas difsi-
cile de sçavoir d'où elles tirent leur origine, &- de montrer la façon avec
laquelle les Idolâtres aveuglés par une -malice diabolique peuvent ejlre con-
duits plus heureufement, &■ plus parfaitement de la fiaufse adoration du
démon au culte du vray Dieu, &• enfeigner la méthode de les infiruire
avec moins dnpeine à la Doctrine de Jejtus Chrifl: nofire Sauveur.
Chat.
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