Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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d'A t h a n a s e
sorte de nations, & fe flattent de cette
pensee, qu'ils sont les plus subtils& les
plus sphituels du monde. Il est vray
que depuis l'arrivée des Européens ils
ont quité en quelque façon cette hau-
te estime d'eux-mesmes, & ont creu
qu'il y en avoit de plus dodes & de
plus habilles qu'eux; voyant que nos in-
ventions, & la profondeur de nos sçien-
ces les surpoisoit infiniment. Ce qui a
este cause qu'ils ont appelle nos Pères

KlRCHERE.

229

des gens envoyés de Dieu, & des hom-
mes venus du Ciel ; en quoy ils ont eu
le moyen d'introduire la femence de
l'Evangile, & de faire le grand progrès
qu'ils ont fait pour le sàîut des ames.
C'cst: ailes parlé des mœurs des Chinois ;
que si quelqu'un en veut sçavoir d'a-
vantage , il n'a qu'à lire les autheurs que
nous avons cités, lesquels en ont trait-
té fort amplement.

Les Recherches Phijiques.
Des plus rares spectacles de la Nature 5
qu'on trouve dans la Chine,
C h a p. IV.
*$es &/£ontdgnes de la Qhine, &■ des prodiges furfrwns
de la nature qu'on y Voit.


sont
Dr(dans

"crv

Uoyque le Royaume de la Chi-
ne soit presque rempli d une in-
sinité de montagnes , les plus
eslevées sont neantmoins si fort esti-
mées parmy eux, qu'ils ne s'attachent
jamais avec tant de soin à la connois-
sànce de quoyquc ce soit, comme ils
s'occupent serieuièment à Pobservation
de ces mcimes montagnes ; car ce que
font parmy nous les Astrologues, ceux-
là le font dans l'observation des mon-
tagnes,considerant en premier lieu leur
situation &leur figure, après quoy,ils
remarquent les sommets, les esleva-
tions, les sseuves, les fontaines & les
lacs qui y sont, pour en tirer (disènt-
ils des certitudes infaillibles, & des rè-
gles certaines Oromanthiques. Il est
j liste que j'apporte icy les parolles du P.
Martin, lequel pour avoir esté tesmoin
oculaire de cecy, en faira mieux la de-
icription que moy. Voyci ses parolles
Jprés avoir parlé des Villes, & après en
avoir fait les descriptions, je Veux.mettre icy

pas fort efloign'ees. Vont seaurés donc que t^c*
les Chinois ne font pas moins curieux qu'ils gnes.
font [uperfiitieux aies chérir, & àlesobfêr*
Ver. Ils font dans cet aveuglement, qu'ils
croyent que leur félicite leur honheurcon*
fijle dans ces lieux efievés, & que leurfor*
tune en dépend ; pareeque le Dragon qu'ils
appellent le (Prince de la félicité, fait fa de-
meure en ces lieux. Cejl pour cette raifon
qu'ils font si exatles ohferVateurs de la difi
pofîtion des endroits, & de la forme des lieux
qu'ils doivent choifir pour leurs fepulchres ;
Cette pensée ejî caufe qu'ils cherchent par
tout les Vaines de la terre, © les entrailles
les plus cachées de cet élément, & amhraf
fent toute Jorte de travail, afin qu'ils puifi Plusieurs
fent ohtenir une terre heur eufe pour leur Je* °jonstoû-
pulture, (g qu'ils ayent en partage la queue, jj^jj5
la tefîe, ou le cœur du (Dragon : car ils /e

a-

flattent quapnt obtenu une de ces parties.
ils font heureux rendent telle toute leur
pofterité. Il y a certaines perfonnes quife du
fent exprimentées en ce point, le [quelles par*
courent toute l'Jjie pourohferVer ® pour de-
quelque chofe des montagnes qui ne leur font \ [couvrir les Vaines de la terre, & tes sigures
Ff 3 des

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