La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N° 3. - 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

15 Janvier.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LX SAHIDI MATIN

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Lo Numéro : O fr. 25

15 fr.

PROPOS DU JOUR

l y a quelques jours les passants
qui se trouvaient sur le quai Vol-
taire ou sur le quai cl’Orsay ont
pu voir au-dessus du Louvre une
gerbe d’épaisse fumée rouge mêlée d’étin-
celles. C’est une cheminée du pavillon de
Flore qui était en feu et qui renouvelait la
menace périodique infligée à nos collections
nationales. Heureusement, cette fois encore,
l’incendie a pu être éteint très vite, et tel est
l’état des choses qu’on se peut réjouir une
fois de plus que le Louvre n’ait pas brûlé.

Est-ce le ministère des Colonies qui a été
en cette occasion et comme d’habitude, le
coupable d’où nous vient tout le mal ? On l’a
cru d’abord; on a craint qu’avant son départ
le ministère n’ait voulu prouver à quel point
son voisinage est périlleux ; on a vu dans
cette manifestation incendiaire la justification
des terribles prophéties que nous entendons
depuis trop d’années à l’endroit des Colonies.
Mais d’après des renseignements certains, ce
n’estpasle ministère qu’il faudrait accuser du
feu : c’est un logement de fonctionnaire ins-
tallé au pavillon de Flore. Nous ne dispute-
rons pas longtemps sur les causes quand l’effet
est aussi clair, aussi impressionnant, et la
seule conclusion à retenir c’est que le Louvre
n’est pas menacé par un seul danger.

On en compte deux; on en compte même
trois. Il y a les Colonies, il y a les Finances,
il y a les logements de fonctionnaires et
d’employés. Des Finances, on ne parle même
plus, tant on est persuadé qu’il sera difficile
de les faire partir. Des Colonies, on annonce
l’exode prochain, moins peut-être parce
qu’elles vont partir que parce que leur obsti-
nation à rester était devenue un scandale pu-
blic. Des Jogements de fonctionnaires, on

assure qu’ils sont utiles, et l’on fait entrevoir
le jour où, les Colonies ayant enfin laissé la
place libre, il sera possible de procéder à un
meilleur aménagement. Le public et les amis
du Louvre sont donc encore une fois priés de
prendre patience : demain on déménage! Une
voiture pleine de cartons est déjà partie.
Mais une voiture fait-elle à elle seule un dé-
ménagement, plus qu’une hirondelle ne fait le
printemps ?

Ne quittons pas le Musée du Louvre sans
mentionner un petit fait. La nécessité d’une
surveillance active a obligé à grouper les
gardiens et à fermer quelques jours de la se-
maine certaines salles. Si l’on se rappelle
d’autre part que la loi sur le repos hebdoma-
daire a ses exigences, on s’apercevra qu’avec
un personnel restreint il est difficile de ré-
pondre à tous les vœux du public. Il n’est pas
étonnant, dans ces conditions, que tout ne
soit pas visible tous les jours. Le Mastaba,
par exemple, ne peut être visité le dimanche.
Cet arrangement n’a, en fait, d’inconvénient
que pour la curiosité de quelques visiteurs
qui ne seraient jamais libres dans la semaine.
Peut-être serait-il possible d’organiser un
roulement de façon que le dimanche figure de
temps en temps parmi les jours où telle col-
lection ou telle salle est visible.

NOUVELLES

*** Nous avons plaisir à apprendre que
notre distingué collaborateur M. F. de Mély
vient d’être nommé membre du Comité des
Sociétés des Beaux-Arts des départements.

*** M. Raphaël Falcon, chef du service
d’architecture à l’Hôtel de Ville, est nommé
inspecteur en chef des Beaux-Arts de la Ville
de Paris, en remplacement de M. Ralph
Brown, qui vient de prendre sa retraite.
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