La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N* 22.-1910.

BUREAUX: 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

28 Mai.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

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Le Wuméro O fr. 2 5

PROPOS DU JOUR

e Muséum d’histoire naturelle
avait l’excellente habitude de dé-
livrer, sur simple demande, des
cartes autorisant les artistes à
dessiner, à modeler et à photographier dans
les allées du Jardin des Plantes et dans les
galeries. 11 a, depuis le 1er janvier dernier,
modifié cet usage d’une manière qui soulève
de vives et légitimes protestations. Selon le
nouveau règlement, en effet, les cartes dites
d’artiste ne sont accordées que sur la de-
mande du directeur de l’Ecole des Beaux-Arts,
de l’Ecole des Arts décoratifs, de la Manufac-
ture de Sèvres, des Gobelins et des autres
manufactures de l’Etat. Le travailleur qui
n’appartient à aucun de ces établissements
se trouve donc impitoyablement écarté.

Il suffit de signaler ces faits pour faire
paraître ce qu’ils ont d’excessif. Si ce règle-
ment devait subsister, il aboutirait à établir
au profit des uns un monopole, au détriment
des autres une exclusion : rien ne serait plus
injuste ni plus contraire aux intérêts de l’art.
Que l’administration ne veuille point s’ex-
poser à délivrer des permissions au hasard,
•qu’elle se réserve le droit de se renseigner,
qu’elle réclame des artistes la justification
de leur identité, soit. Mais de quel droit em-
pêcherait-elle de travailler un étudiant libre,
n’appartenant à aucun groupement? De quel
droit fermerait-elle ses portes à un jeune
homme qui est obligé d’avoir un métier pour
vivre, qui ne consacre au dessin que quel-
ques heures de liberté et qui peut-être est
destiné à devenir un grand artiste ?

On ne saurait trop rappeler que de tous
temps la ménagerie, les serres, les galeries
de zoologie, les collections d'entomologie ont

été destinées aux artistes comme aux savants.
Elles sont riches en éléments d’étude et en
motifs de décoration ; elles ont toujours été
attentivement visitées par tous ceux qui
s’adonnent à l’art industriel ; elles forment
comme un vaste atelier. Carrière y a fait des
conférences, et M. Grasset a eu recours à elles
quand il a fait aux professeurs d’art déco-
ratif un cours institué par la Ville de Paris.
Le Muséum présente un ensemble unique et
dont les travailleurs ne peuvent trouver en
aucune manière l’équivalent. Il faut qu’il
soit accessible à tous. Que penserait-on d’une
Bibliothèque nationale qui ne serait ouverte
qu’aux élèves des grandes écoles? L'opinion
s’est à bon droit émue d’une mesure qui
cause de graves préjudices et qui doit être
modifiée : on veut être assuré qu’il ne sera
pas besoin de multiplier les protestations
pour que le Muséum y fasse droit.

NOUVELLES

*** Par décret du Président de la Répu-
blique en date du 10 mai 1910, pris sur la
proposition du ministre de l’Instruction pu-
blique et des Beaux-Arts, M. Dussaud (René),
professeur suppléant au Collège de France, a
été nommé conservateur adjoint au départe-
ment des antiquités orientales et de la céra-
mique antique du Musée national du Louvre,
en remplacement de M. Edmond Pottier,
membre de l’Institut, promu conservateur.

Par arrêté ministériel en date du 12 mai 1910,
M. Dussaud a été nommé professeur à
l’Ecole du Louvre, en remplacement de M.
Ledrain, décédé.

*** Par décret en date du 25 mai, rendu
sur la proposition du ministre de l’Instruc-
tion publique et des Beaux-Arts, M. H.-A.
Zo, artiste peintre, a été nommé, à l’occasion
de l’Exposition de Londres, chevalier de la
Légion d’honneur.
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