La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N° 23. - 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

4 Juin.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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la (JlUtOXIQLE ne paraîtra pins que tons
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I.e prochain nnniéro portera la date dn
'18 juin.

PROPOS DU JOUR

e Journal Officiel vient cle publier
deux decrets, qu’on trouvera plus
loin, relatifs à l’administration des
Musées nationaux. Ils ont pour
objet de donner des règles plus précises à
une carrière dont les conditions étaient un
peu indéterminées, de définir les situations
au point de vue de l’avancement et du recru-
tement. On doit approuver en principe ce
besoin d’ordre et de clarté, et, dans un temps
-où l’on parle tant de statut pour les fonction-
naires, il est heureux que les Musées natio-
naux aient le leur.

Sur plusieurs points d’ailleurs, les décrets
ne font que consacrer un état de fait. C’est
ainsi qu’ils énumèrent les titres dont peuvent
être pourvus les fonctionnaires et laissent au
ministre le droit de choisir « de préférence »
parmi les titres divers. En réalité, il est bon
que la nécessité de tels ou tels systèmes ne
soit pas un empêchement absolu pour des
historiens et des savants qui ont eu une for-
mation originale, et il est d’excellents fonc-
tionnaires du Louvre qui, précisément, ont
été appelés pour leur mérite personnel, non
pour leurs titres réguliers. Cette méthode,
cependant, vaut ce que valent les ministres
qui en usent, et elle est capable des plus
mauvais résultats comme des meilleurs. Au
point de vue des traitements, nos conserva-
teurs de musées demeurent dans une situa-
tion tout à fait insuffisante, et quand on
compare ce que l’Etat leur donne à ce que

leur accordent les gouvernements étrangers, on
ne comprend pas qu’on ne trouve pas dans
le budget la somme, bien modique d’ailleurs,
qui leur ferait la condition qu’ils méritent.

On remarque aussi dans les nouveaux dé-
crets une disposition qui est contestable: c’est
la suppression des attachés libres. Ces deux
mots que l’ingéniosité de l’administration
française unissait désignaient des person-
nages qui, sans aucun traitement et sans
aucune espérance d’avenir, consacraient dix
ans de leur vie à apprendre leur métier et à
aider les conservateurs et les conservateurs
adjoints : il leur arrivait ensuite quelquefois
de devenir à leur tour conservateurs adjoints.
On les supprime pour l’avenir; assurément
leur sort était précaire, mais ils rendaient
des services; ils étaient une pépinière; ils
faisaient sous la direction des maîtres un
apprentissage profitable. Par quoi les rem-
placera-t-on ? Les remplacera-t-on? Nous
verrons à l’usage. Peut-être l’Etat s’est-il
privé un peu vite de services qui ne lui coû-
taient rien, qui pouvaient être excellents ou
le devenir.

NOUVELLES

*** Dans sa séance du 26 mai, l’Académie
française a élu en remplacement du cardinal
Mathieu, décédé le 26 octobre 1908, Mgr Du-
chesne membre de l’Académie. Mgr Duchesne,
déjà membre de l’Institut, est comme on sait
un des archéologues les plus érudits de notre
époque et le directeur de l’Académie de
France à Rome.

*** On a ouvert mardi dernier au Musée
des Arts décoratifs une exposition chinoise
comprenant des objets d’art de la Chine —
vases, objets en laque ou en cloisonné — et
en même temps des « chinoiseries » euro-
péennes : peintures, estampes, meubles,
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