La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N° 6. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

5 Février.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LX 1AMIDI MATIN

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Les locaux occupés par la typo-
graphie Renouard, où s’imprime la
GAZETTE, ayant été envahis par
les eaux, nous prions nos lecteurs
d’excuser les retards qu’ils éprou-
vront à recevoir notre numéro de
février; la distribution n’en pourra
être faite que sous une huitaine de
jours.

PROPOS DU JOUR

l est trop tôt encore pour apprécier
exactement les dégâts que l’inon-
dation vient de faire à Paris, et
pour rechercher quels travaux se-
ront capables désormais de protéger la ville.
Mais il y a une observation qui est venue dès
le premier jour à la pensée de tout le monde :
c’est que les campagnes entreprises par les
Amis des arts, de la beauté de Paris, de la
sauvegarde des paysages en faveur de cer-
taines mesures d’utilité publique ont une
raison d’être plus profonde encore que beau-
coup ne soupçonnaient. On a réclamé, par
exemple, dans l’intérêt des sites français, la
protection des forêts; et il se trouve que la
nécessité du reboisement est reconnue essen-
tielle pour éviter les inondations. On a de-
mandé aussi que certains travaux modernes
ne fussent pas accomplis le long des quais, à
la place de bâtisses qui avaient leur intérêt
historique, ou à proximité de monuments na-
tionaux ; et ce sont ces travaux décidés par
les ingénieurs et les administrations au nom
de principes modernes qui ont contribué à
causer des désastres. Que serait-il arrivé si,
malgré ces retardataires et ces amis des
vieilles pierres, que l’on a pu critiquer, mais
à qui le temps réservait une revanche, le sol
avait été creusé sous l'Institut et sous le quai

du Louvre pour faire passer un Métropoli-
tain? Quelles conséquences de l’inondation
aurions-nous aujourd’hui à déplorer? Les
faits portent leur enseignement; ceux dont
nous venons d’être témoins méritent qu’on
les retienne ; ils nous rappellent que les abords
des monuments dont le salut est cher à tous
doivent être respectés et surveillés, et qu’il
est absurde, sous prétexte de favoriser les
commodités nouvelles de la civilisation maté-
rielle, de menacer les œuvres architecturales
de la civilisation passée.

Une première exposition d’artistes indé-
pendants doit se tenir dans quelques mois à
Munich. Ce petit événement est considérable
si l’on songe qu’en Allemagne l’orthodoxie
artistique est puissante. Il a paru à quelques
artistes qu’il était bon de s’inspirer de l’exem-
ple donné il y a plus de vingt-cinq années par
nos Indépendants. Le nouveau Salon sera donc
sans jury : il s’est débarrassé de cette tutelle,
espérant trouver dans l’émulation et l’indé-
pendance des personnalités des raisons nou-
velles de se développer. Les cénacles officiels
ont coutume de vivre repliés sur eux-mêmes
et d’imposer peu à peu au public une sorte
de direction. Les artistes de Munich entre-
prennent, au contraire, de bannir toute con-
vention; en venant prendre chez nous le goût
et l’exemple des libertés, ils suivent une tra-
dition séculaire.

Cependant, à l’heure même où les Indépen-
dants de Munich prennent cette initiative,
ceux de Paris en sont encore à obtenir sim-
plement justice. Ils ont demandé depuis long-
temps, comme tant d’autres expositions, l’hos-
pitalité du Grand Palais. Elle leur a été
promise, et la promesse a été renouvelée au
cours de la discussion du budget. Espérons
qu’elle sera tenue cette année.
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