La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N° 9. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) Wl 26 Février.^

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LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LK SAHSDI MATIN

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Le Num4ro O fr. 2 S

PROPOS DU JOUR

IâIA sa^e Conservatoire est, comme
on sa^’ menac6e disparaître.
Des projets où les questions d’art
ont été moins considérées que les
intérêts financiers consistent à la démolir
et à céder le terrain au Domaine. Au Par-
lement et dans la presse les protestations de
quelques personnalités autorisées se sont déjà
fait entendre. Mais il serait téméraire d’es-
pérer qu’elles suffiront. Le récent exemple de
l’achat de l’hôtel Biron prouve, en revanche,
ce que peut l’opinion publique quand elle
prend la peine de vouloir un peu longtemps.

Il y a une raison essentielle qui est en
faveur de la salle du Conservatoire : c’est
qu’elle est notre meilleure salle de concert;
on peut dire, sans exagérer, qu’elle est la
seule. Tout le monde a pu constater les dé-
ceptions qu’ont données certaines exécutions
musicales quand elles ont eu lieu à l’Opéra.
Au contraire, les connaisseurs s’accordent à
proclamer qu’au Conservatoire l’acoustique
est une merveille. L’orchestre y obtient des
effets d’harmonie qu’il n’est pas sûr de re-
trouver ailleurs, tant demeure incertaine, à
ce point de vue, la construction la plus atten-
tive d’une salle de concerts. Et, en particu-
lier, la musique classique, qui n’use pas de
forces instrumentales excessives, s’y trouve
interprétée avec une harmonie, un style, qui
ne cessent, depuis longtemps, d’enchanter
les fidèles du Conservatoire.

Est-il besoin d’ajouter que bien des souve-
nirs se rattachent à cette petite salle et qu’elle
est, elle aussi, à sa manière un monument
historique? On y a joué Beethoven devant
Berlioz, et Berlioz devant George Sand et
Balzac. Tous ceux qui, au xix° siècle, ont

aimé la musique, y sont venus, y ont tra-
vaillé et applaudi.

Une fois isolée du cercle de constructions
qui l’enserre et pourvue des dégagements qui
lui créeraient les chances de sécurité utiles,
cette salle, pompéienne et charmante, con-
naîtrait le lustre de destins nouveaux dignes
de son long passé de célébrité et de gloire.

NOUVELLES

*** Par arrêté du ministre de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts, sur la proposi-
tion de M. Dujardin-Beaumetz, sous-secre-
taire d’Etat, M. Redon, architecte du Louvre,
est nommé architecte du palais de Fontaine-
bleau. M. Girault, architecte du palais de
Fontainebleau, est nommé architecte du
Louvre en remplacement de M. Redon.

*** Le musée du Louvre vient de recevoir
livraison des œuvres constituant le legs qui
lui a été fait par Mme veuve Rolle, née Man-
ceaux. Ces œuvres, au nombre d’une quaran-
taine, sont des dessins, pastels, aquarelles,
sépias ou miniatures de J.-B. Isabey. Elles
appartenaient naguère à Mmo veuve Wey-
Isabey de qui les tenait Mmo Rolle. Sur le
désir exprimé dans son testament par la do-
natrice, le portrait de M,n0 veuve Wey-Isabey
sera placé au Louvre, sur le même panneau
que les toiles du maître.

D’autre part, la comtesse Hallez-Glaparède,
décédée il y a quelques mois, a légué au
musée du Louvre un charmant portrait au
pastel de Mme Barbier-Valbonne, par Ivu-
charski.

*** Par testament, le peintre Tesson, ré-
cemment décédé, a légué à la Société des Amis
du Louvre, pour notre musée national, la
collection de Primitifs à laquelle il avait
consacré la plus grande part de sa fortune.

*** Le musée de Versailles va ouvrir, dans
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