La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N° 20. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

14 Mai.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

%

■l s’est ouvert au Salon des ^Artistes
français trois expositions rétros-
pectives dont la plus importante
est consacrée au graveur Chaplain.
L’initiative est des plus heureuses. La dispo-
sition matérielle des salles où s’organisent
ces expositions permet des ensembles qu’il
serait difficile de présenter dans les lo-
caux trop vastes de l’Ecole des Beaux-Arts.
Par l’expérience qui vient d’être tentée, le
public jugera une fois de plus de l’intérêt
qu’il peut trouver à pareille entreprise.

L’œuvre de Chaplain est devenue popu-
laire : les médailles, les plaquettes, les types
de monnaie qu’il a créés sont dans toutes les
mémoires. Mais ceux qui ont eu l’idée de
l’exposition rétrospective ont pensé avec
raison qu’il y avait bien des révélations cu-
rieuses à faire sur les travaux du maître
graveur. Us ont placé à côté des médailles
une collection de dessins, d’études au crayon,
où l’on voit la préparation du travail, et
comme la première manifestation de la pen-
sée. Ce sera là pour les historiens et les
amateurs un spectacle des plus instructifs.
En même temps la série des monnaies et mé-
dailles fait paraître à merveille les transfor-
mations du talent de l’artiste et tout ce que
le travail, la maturité, le temps ont ajouté à
■sa manière. Il n’est pas de visiteur qui ne
sorte de cette exposition sans avoir acquis
une notion plus nette de ce que l’art de la
médaille doit à Chaplain.

Si les tentatives de ce genre doivent se
renouveler, et il faut l’espérer, on souhaite-
rait qu’elles eussent toujours un objet aussi
bien défini et aussi digne d’elles. Il y a cer-
tainement dans ces expositions rétrospec-

tives une idée qui mérite d’être étudiée et
conservée. A vouloir les rendre trop fré-
quentes, on se condamnerait peut-être à des
hommages qui ne seraient pas tous égale-
ment mérités. A s’interdire pareille manifes-
tation pour des vivants, on se priverait par
une règle trop rigide de spectacles précieux.
Il faut que le Salon des Artistes français, qui
a si bien réussi jusqu’à présent, mette de la
méthode et du choix dans son entreprise; il
aura bien mérité à la fois de ceux pour qui
ces expositions sont un agrément et de ceux
pour qui elles constituent un enseignement
de premier ordre.

NOUVELLES

*** A la vente de dessins de la célèbre col-
lection De Lanna, qui a eu lieu à Stuttgart
la semaine dernière, le musée du Louvre a
eu la bonne fortune d’acquérir, en dehors de
deux précieux dessins allemands de maîtres
précurseurs ou contemporains de Dürer, deux
des pièces les plus remarquées et les plus
justement convoitées pour leur rareté insi-
gne : un dessin français de la fin du xive siè-
cle, classé à tort comme allemand, digne
d’être comparé aux exquises créations de nos
miniaturistes et de nos ivoiriers, et une
feuille de croquis, d’une grâce souple et d’un
sentiment charmant, attribuée à Gérard
David.

A la vente de la collection Maiszech, le
même musée s’est fait adjuger dans des con-
ditions très avantageuses un excellent Por-
trait d'homme, signé et daté, du peintre Jean
de Bray, rival de Franz Hais à Harlem, dont
l’art robuste et franc n’était représenté jus-
qu’ici au Louvre par aucun spécimen.

On ne peut que féliciter le musée de ces
divers enrichissements.

*** Par arrêté du ministre de Tlnslruction
publique et des Beaux-Arts, M. Touche est
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