La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N” 12. - 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

19 Mars.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LE SAMEDI MATIN

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ULe ÜNT-uméro O fr. 25

PROPOS DU JOUR

n lira plus loin la lettre intéres-
sante et énergique qui Tient d’être
écrite par un artiste décorateur
au Commissariat de l’Exposition
de Bruxelles. U a paru à l’auteur de cette
lettre que, dans les conditions où s’organise
la section des arts décoratifs, il lui était im-
possible d’y participer. La raison en est
simple et brève à énoncer : à Bruxelles, les
arts décoratifs seront séparés de la section
des beaux-arts; ils n’apparaîtront donc même
pas à côté de la peinture et de la sculpture
comme des « mineurs » ; ils seront des exilés.

Cette conception de l’art décoratif n’est pas
nouvelle, mais on aurait pu croire qu’elle
était surannée. Toutes les fois qu’elle a été
adoptée, un échec s’en est suivi pour notre
art décoratif national. On se souvient de ce
qu’a été en 1900 l’Exposition des Arts décora-
tifs, si malheureusement distraite alors des
arts proprement dits; on se souvient de ce
qu’elle a été dans différentes villes étrangères
où le même plan avait été suivi. Les ouvra-
ges d’art décoratif se sont trouvés mêlés à une
quantité considérable d’ouvrages industriels
qui pourraient avoir, eux aussi, un caractère
de beauté, mais qui très souvent n’en possè-
dent aucun.Qu’on l’approuve ou non, il existe,
àcôté d’ouvrages témoignant d'un effort d’in-
vention, d'une recherche personnelle, d’un
labeur véritablement artistique, des objets fa-
briqués qui sont d’un usage commercial
courant, qui ont leur emploi et leur raison
d’être, mais qui ne relèvent point de l’art.
C’est un fait: à quoi bon le nier? pourquoi
mêler deux sortes de produits qui ne sont pas
de même espèce et qui n’ont rien à gagner à
être confondus?

Depuis vingt ans tous les efforts des artistes,
des historiens, des écrivains ont tendu à
rendre à l’ornementation, aux travaux déco-
ratifs leur place traditionnelle dans les arts.
Ils ont réussi; ils ont restauré cette notion,
présente dans toute l’histoire de l’art français,
que la décoration, l’ameublement, l’orfèvrerie,
la céramique, sont au même titre que la
sculpture ou la peinture les moyens d’expres-
sion par où des hommes traduisent leur sen-
timent de la beauté. Aujourd’hui, dans nos
salons annuels, dans tous nos salons annuels,
anciens ou nouveaux, les arts décoratifs ont
un asile consacré dans la section des beaux-
arts; ils en ont eu un dans beaucoup d’ex-
positions à l’étranger. Toujours cette expé-
rience a tourné à leur honneur. Et c’est
après toutes ces leçons qu’on voudrait re-
venir à d’anciennes pratiques abandonnées
après mûre réflexion! On comprend que les
artistes décorateurs ne veuillent pas se prêter
à cette tentative.

NOUVELLES

*** Le Musée Condé, à Chantilly, rouvrira
ses portes le dimanche 27 mars et sera égale-
ment ouvert le lundi de Pâques puis, régu-
lièrement, le jeudi, le samedi, le dimanche
et les jours de fête, à l’exception des jours
de courses à Chantilly, jusqu’au dimanche
16 octobre.

*** Le jury de l’Exposition française des
Beaux-Arts à Bruxelles a constitué sesbureaux
de la façon suivante :

Peinture. — Président, M. Léon Bonnat;
vice-président, M. Boit; rapporteur, M. Henry
Lapauze; secrétaires, MM. Roger-Milès et
Agache.

Sculpture. — Président, M. Injalbert; vice-
président, M. Blanchard ; rapporteur, M.Mou-
rey; secrétaire, M. Gabriel Faure.
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