La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N» 36. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 3 Décembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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32e ITuméro

O fr. 2 5

PROPOS DU JOUR

n vient de proposer la création
d’une école de fresques, et ce projet,
qui est à l’état d’ébauche, mérite
d’être étudié avec autant de sym-
pathie que d’attention. S’il fallait une preuve
que l’art de la fresque est encore vivant chez
nous, s’il fallait un témoignage de ce qu’il
est capable de produire, on le trouverait dans
l’œuvre, récemment révélée au public, de
M. Baudouin. L’effort heureux et personnel
de l’auteur et l’accueil qui lui a été fait,
attestent ensemble quel peut être chez nous
le charme et le pouvoir de l’art que Casta-
gnary avait cherché jadis à remettre en
honneur.

Depuis vingt années bien des tentatives
intéressantes ont été faites ; bien des recher-
ches ont été menées à bien par des artistes
qu’avait séduits un mode cï’expression mo-
numental et décoratif. Mais le labeur pa-
tiemment poursuivi et souvent éclatant de
ces artistes restés fidèles à la fresque a été
en quelque sorte isolé.

Les essais qui ont été faits apparaissent
comme le résultat de volontés individuelles,
bien plutôt qu’ils ne sont la fin de travaux
méthodiques, le produit régulier d’écoles per-
manentes. L’art de la fresque, un peu dé-
laissé, a survécu, au hasard des vocations
dispersées, par la grâce de dons fortuits et
heureux plus que par la vigilance de disci-
plines organisées.

La création d’une école avait précisément
pour objet de coordonner les méthodes, d’étu-
dier scientifiquement et historiquement les
procédés, de rénover la tradition à la-
quelle le temps et le tempérament des hommes
apporteraient les renouvellements nécessaires.

Les monuments italiens apprennent au voya-
geur quels effets grandioses ou charmants,
selon leur génie, les artistes du passé ont tiré
de la peinture murale. Ils en ont su faire
avec une égale facilité l’expression des grands
ensembles comme des récits plus anecdoti-
ques, de leurs sentiments les plus profonds
comme de leurs fantaisies. Quelles ressources
nos artistes ne trouveraient-ils pas dans ce
mode un peu oublié de l’art quand ils en au-
raient appris la technique et repris le goût !
---

NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine : Le dimanche 20 novembre, à
Paris, au jardin des Tuileries, un monu-
ment de Jules Ferry, œuvre du statuaire
G. Michel ;

Le même jour, à Saint-Sébastien, près
Nantes, sur la nouvelle mairie, un médaillon
de Cambronne, œuvre de M. de Boishérand.

*** Le musée du Louvre vient de recevoir
un don d’une haute importance : le Portrait
de d’Alembert, pastel par La Tour. Ce chef-
d’œuvre a été offert au musée par la famille
Danjon, de Caen.

*** Les bijoux de la Renaissance du musée
du Louvre, dont le fonds véritable provient
de la généreuse donation du baron Davillier,
étaient demeurés peu connus dans une des
vitrines plates et profondes de la galerie
d’Apollon. Une heureuse présentation dans
la première vitrine centrale de la même ga-
lerie les révélera au public. Les bijoux,
presque tous en pendantifs, faits de perles
baroques et d’émaux, se présentent sous
leurs deux faces, sur de petites potences.
Quelques gemmes montées en vases et ornées
d’émaux en rompent l’uniformité d’effet : des
orfèvreries, les beaux bijoux gothiques, les
émaux translucides sur or y ajoutent leur
éclat.
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