La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N° 34. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 5 Novembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Le Numéro O fr. 2 5

PROPOS DU JOUR

n ne saurait trop louer l’initiative
que l’Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres a prise récemment.
Avertie par l’un de ses correspon-
dants que le Conseil municipal d’Alger pro-
jetait de transformer tout un quartier de la
ville et de démolir deux mosquées anciennes,
-elle a résolu à l’unanimité de s’adresser au
ministre de l’Instruction publique et des
Beaux-Arts et d’appeler son attention sur la
nécessité de protéger ces monuments.

Il est à peine besoin de dire que les deux
mosquées menacées par le projet municipal
justifient par leur antiquité la sollicitude de
l’Institut. Elles constituent pour les histo-
riens de l’architecture des documents de pre-
mier ordre; elles comptent parmi les souve-
nirs les plus curieux de l’Afrique du Nord.
Leur intérêt est si peu discuté, que le Conseil
même qui propose de les démolir fait entre-
voir la possibilité de les rebâtir ailleurs. Ce
genre d’opération a quelque chose de pres-
tigieux qui peut séduire quelques virtuoses.
Quel est l’historien, quel est l’artiste, cepen-
dant, qui la verrait s’accomplir d’un cœur
léger? Sans parler du péril que ces trans-
ports insolites font courir au monument, il
y a quelque chose de choquant à mettre un
monument ancien hors de son cadre tradi-
tionnel. C’est une retouche qui dans une cer-
taine mesure le falsifie, qui en tout cas lui
fait perdre quelque chose d’essentiel. Et qui
ne voit à quelles barbaries comiques on arri-
verait en déplaçant ainsi les grands édifices
•d’une ville?

La manifestation de l’Institut, si heureuse
dans le cas particulier qu’il a étudié, est en
outre un usage excellent d’un de ses droits

les plus incontestés. S’il y a une voix qui
puisse faire entendre aux pouvoirs publics
négligents ou mal informés des avis auto-
risés et désintéressés, c’est bien celle de ces
Compagnies savantes dont le passé et le
mode de recrutement consacrent l’indépen-
dance et le prestige. Il nous est arrivé sou-
vent ici de dire que dans un pays d’opinion
le public seul pouvait secouer la torpeur des
administrations ou stimuler les énergies mi-
nistérielles. Les Académies sont, dans ces
affaires intéressant les beaux-arts, toutes dé-
signées pour être les interprètes des vœux de
tous et les défenseurs de notre patrimoine
artistique.

NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le dimanche 23 octobre, au cimetière de la
Croix-Rousse, à Lyon, un monument à la
mémoire du poète Joséphin Soulary ;

Le dimanche 30 octobre, à Abbeville, un
monument à la mémoire du poète et historien
Ernest Prarond, œuvre du statuaire Emma-
nuel Fontaine;

Le même jour, à Bourges, un buste de
l’homme politique Michel de Bourges.

*** On annonce que le Saint Sébastien de
Mantegna, conservé dans l’église de la petite
commune d’Aigueperse, en Auvergne (1), va,
grâce à l’entremise de M. Clémentel, député,
être acquis par le musée du Louvre pour la
somme de 200.000 francs. L’Etat le rempla-
cera dans l’église par une copie.

*** M. Pascal, architecte, membre de l’Ins-
titut, chargé des travaux d’achèvement de la
Bibliothèque Nationale, vient de reconstituer

(1) V. Gazette des Beaux-Arts, 1886, t. II, p. 386
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