La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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LA CHRONIQUE DES ARTS

Académie des Inscriptions

Séance du il février

Élection. — L’Académie a procédé à l’élection
d’un membre titulaire, en remplacement de M.
Henri AVeil, décédé le 5 novembre 1909. Dix-huit
candidats, dont nous avons donné les noms,
s’étaient présentés. Au second tour de scrutin,
M. Maurice Prou a été élu par 26 voix contre 5 à
M. Jean Psichari, 2 à M. Charles Diehl, 1 à
M. Edmond Cuq et 1 à M. Alfred Morel-Fatio.

M. Maurice Prou est né à Sens, le 28 décembre
1861 ; ancien élève de l’École des Chartes et de
l’École des Hautes études, il fut pensionnaire de
l’École française de Rome, et est actuellement bi-
bliothécaire au Cabinet des Médailles de la Biblio-
thèque Nationale, professeur de diplomatique à
l’École des Chartes, membre de la Société des An-
tiquaires de France et du Comité des travaux his-
toriques et scientifiques, et, enfin, directeur de la
revue Le Moyen âge. Il a publié, entre autres tra-
vaux historiques, un catalogue des monnaies fran-
çaises de la Bibliothèque Nationale pour les dy-
nasties mérovingienne et carolingienne, une étude
sur les relations politiques du pape Urbain Y avec
les rois de France Jean II et Charles Y, des étu-
des sur la diplomatie du pape Iionorius IV et un
recueil des actes de Philippe Ier, roi de France.
C’est une des personnalités les plus appréciées du
monde savant pour son érudition scrupuleuse.

Une chapelle romane. — M. Lucien Roy, archi-
tecte en chef des monuments historiques, chargé
naguère de restaurer l’église de Saint-Léonard-de-
Noblac, dans la Haute-Vienne, fait à l’Académie
une communication sur la chapelle de Sainte-
Luce, édicule circulaire de la lin du xie siècle,
englobé au xne dans la construction de l’église.
L’extérieur de cette chapelle a été fort dégradé,
mais l’intérieur, tout à fait intact, a conservé sa
coupole centrale portée sur huit colonnes, et son
bas-côté circulaire voûté en demi-berceau. D’après
M. Dieulafoy, cette chapelle, bâtie sur le plan de
l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, doit avoir
servi de baptistère, datant, d’après son genre de
construction, de la seconde moitié du xie siècle.

La Statue cl’Anzio. — M. Gauckler fait commu-
niquer à l’Académie, par M. Perrot, une lettre rela-
tive à la statue dite de la Prêtresse d’Antium (1),
acquise récemment par le gouvernement italien et
transportée à Rome au musée des Thermes. Elle
est composée de deux blocs de marbre de nature
différente ; la partie supérieure est d’un art beau-
coup plus soigné que celui de la partie inférieure,
ce qui fait supposer que les deux blocs ne sont
pas de la même main. On croit que cette œuvre
provient de l’Asie Mineure et remonterait à l’épo-
que des premiers successeurs d’Alexandre. On y
relève des restaurations datant du temps des Ro-
mains. M. Salomon Reinach, qui l’attribue à un
seul artiste, pense qu’elle a fait partie d’un en-
semble où elle aurait représenté un adolescent
accompagnant un prêtre exerçant son ministère.

Communications.— Deux fascicules, présentés à
l’Académie par M. Gagnat, contiennent des études
bien faites par plusieurs élèves de l’Ecole fran-
çaise de Rome, sur les musées d'Algérie, de
Tunisie, d’Alaoui et de Guelma.

(1) V. Gazette des Beaux-Arts de janvier 1910,
pl. p. 81.

Société Française de Numismatique

Séance du 5 février

M. Bordeaux communique la plaquette gravée
par M. Martin pour la faculté d’Aix.

M. Soullart présente une série de monnaies rares
prises dans sa collection.

M. Boucher fait connaître, de la part de M.
Van de Vyvere Golens, la composition d’une ca-
chette de monnaies françaises en cuivre découverte
à Vasquale-lès-Roubaix.

M. Ad. Blanchet pi’ésente une médaille frappée
eu Belgique pour commémorer les travaux de
Bruxelles. H a lu ensuite deux documents moné-
taires de la tin du xvn» siècle extraits de la cor-
respondance des Intendants.

Michel Lécurieux

SCULPTEUR DU XVe SIÈCLE

Chaque année nous apporte une nouvelle mois-
son de noms d’artistes provinciaux, découverts
dans nos vieilles archives et dans les minutes
notariales. Il est nécessaire cl’y prêter quelque
attention, surtout si l’on peut déterminer la part
de ces artistes dans une œuvre connue. Tel semble
être le cas du sculpteur Michel Lécurieux, qui
nous a été dernièrement révélé par un travail de
M. Eugène Jarry (1).

Ce tailleur d’images exécuta en 1473, en pierre
d’Apremont, trois statues destinées à la décoration
de la croix réédifiée à la même époque au vieux
pont d’Orléans pour remplacer la Belle-Croix
démolie pendant le siège de 1429 : ces statues
représentaient la Vierge couronnée, saint Jean-
Baptiste et saint Jacques, suivant les termes du
marché. Or, une charmante petite tête de Vierge
couronnée, découverte dans le lit de la Loire il y
a onze ans, au milieu des substructions de l’ancien
pont, paraît bien provenir du travail commandé à
Lécurieux : elle a trouvé un asile favorable au
Musée archéologique et M. Jarry l’a reproduite
dans sa brochure.

En 1469, le même arliste travaillait pour la
paroisse Saint-Germain d’Orléans et il fut l’auteur,
avant 1479, du tombeau commandé par Guionne
de Beauvais en l’honneur de son premier mari,
Jouvenel des Ursins, sieur delà Motte Josserand,
près de Donzy (Nièvre) ; ce tombeau paraît d’ail-
leurs détruit. Veuf dès 1479 avec des enfants en bas
âge, Michel Lécurieux testa le 2 août 1487 et mourut
sans doute peu après cette date.

Henri Stein.

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REVUE DES REVUES

0 Mercure de France (16 février). — Trois
grands artistes de cette époque : Cézanne, Carrière,
Rodin ont inspiré au peintre Georges Rouault des
pages belles et profondes où, sous forme de litanies

(1) La Réôdification de la Belle-Croix sur le
vieux pont d’Orléans (Orléans, 1908; in-8° de
llfp. et pl.).
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