La chronique des arts et de la curiosité — 1910

Page: 113
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1910/0123
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
X» 15. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

0 Avril.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LE SAMEDI MATIN

Les abonnés à la Gazette des Beaux-Arts reçoivent gratuitement la Chronique des Arts et de la Curiosité

Prix de l’abonnement pour un an

Paris, Seine et Seine-et-Oise. ... 10 fr. Étranger (Etats faisant partie de

Départements. 12 fr. l’Union postale).

I_,e TST uméro : O fr. 25

15 fr.

PROPOS DU JOUR

es artistes ont eu à cœur de ne pas
fpsd demeurer étrangers aux manifes-
tâtions charitables qui se sont
produites en faveur des inondés.
Ils viennent d’organiser deux tombolas,
dont les lots sont formés des ouvrages géné-
reusement offerts par eux. On devine que le
public a été très vivement intéressé par cette
initiative : le désir de collaborer à une
bonne œuvre et de courir une chance qui en
valait la peine a assuré le succès de l’entre-
prise.

Tant d’effort, tant d’ingéniosité, tant d’es-
prit de charité ont été dépensés à Paris de-
puis quelques mois en faveur des victimes
de l’inondation, qu’on ne songerait pas à
signaler l’intervention des artistes, si l’élan
qui les a tous réunis ne prêtait à quelque
réflexion. S’il est vrai que dans la charité
il faille considérer à la fois ce que l’on
donne et la manière de donner, ils méri-
tent deux l'ois d’être remerciés. Ils ne sont
point, dans la société contemporaine, de ceux
dont la vie est particulièrement aisée, et le
geste heureux et facile d’ouvrir la bourse
n’est pas toujours permis, au moins à la plu-
part d’entre eux. Ils ont fait mieux et plus,
en donnant une part de leur travail, une
œuvre à laquelle ils avaient pensé à loisir,
quelque chose qui est sans valeur prévue, un
peu d’eux-mêmes. Et c’est bien ce que le pu-
blic a compris en répondant à leur appel.

Mais il y a autre chose. Ils ont donné
sans se préoccuper des divergences qui peu-
vent exister entre eux sur d’autres sujets;
ils ne se sont point inquiétés des esthétiques,
ni des groupements, ni des hiérarchies. Parmi
ces donateurs il y a les exposants des Indé-

pendants d'une part et de l’autre il y a tous
les membres de l’Académie. La charité a
fait tomber entre eux pour un instant toutes
les barrières. C’est plaisir de constater que
par delà les différences d’école qui divisent, il
reste toujours parmi les artistes des senti-
ments qui rapprochent et qui unissent.

NOUVELLES

*** Le Parlement a voté la semaine der-
nière, sur le rapport de M. Théodore Reinach,
le projet de loi concernant la reproduction
des œuvres d’art ; nous avions montré dans
un récent Propos clu jour (n° du 26 mars)
quelles en seraient les heureuses consé-
quences. Celte loi se compose d’un article
unique ainsi conçu :

« L’aliénation d’une œuvre d’art n’entraîne
pas, à moins de convention contraire, l’alié-
nation du droit de reproduction. »

*** Maintenant que le palais du Louvre
est débarrassé du ministère des Colonies,
M. Charles Girault, aujourd’hui architecte
du Louvre, va s’occuper d’aménager en salles
de musée les locaux du pavillon de Flore
qui, suivant la décision du Conseil des mu-
sées nationaux et du sous-secrétaire d’Etat
des Beaux-Arts, seront réservés à l’école
française du xixe siècle.

Voici quelles seraient, dit-on, les dispositions
adoptées : au rez-de-chaussée, les œuvres des
grands décorateurs, céramistes et sculpteurs;
au premier étage, une vingtaine de salles
contenant les peintures de Delacroix, Ingres,
Courbet, Corot, Manet et des principaux
maîtres impressionnistes; au second étage,
les salles réservées aux collections léguées
par les grands donateurs du Louvre au cours
de ces dernières années : collections Ghau-
chard, Moreau-Nélaton, etc.

*** Par arrêté du ministre de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts, M. Berton, pro-
loading ...