La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N° 25. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

2 Juillet.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

N vient de reprendre le projet qui
semblait abandonné d’une Exposi-
tion universelle. A la vérité, l’idée
ne se présente qu’avec timidité, et
il paraît très probable qu’elle ne résistera pas
à l’examen. Cette constatation peut être faite
sans le moindre esprit de dénigrement à
l’égard des organisations passées, même sans
critique pour les entreprises diverses qui en-
vironnent de plus en plus les Expositions
universelles et qui parfois en dénaturent le
caractère.

Si l’ère des Expositions semble pour long-
temps close, la raison essentielle réside dans
un phénomène général et tient aux condi-
tions du développement économique. Les ré-
sumés de la civilisation sont devenus impos-
sibles par l’effet de la civilisation même. Il a
paru, au lendemain de 1900, que par leur éten-
due, par la complexité croissante de l’indus-
trie humaine, les Expositions ne permettaient
plus désormais ces vues d’ensemble qui ont
fait le profond intérêt des tentatives passées.
Le visiteur venu de la province ou de l’étran-
ger ne peut plus, avec la plus diligente appli-
cation, ni tout voir, ni même voir assez, ni
surtout voir avec profit. Et ainsi les Exposi-
tions universelles, créées du besoin de con-
naître davantage, finissent par impossibilité
de connaître tout.

L’avenir est réservé aux Expositions inter-
nationales à programme limité. On a vu de-
puis quelques années ce que certaines indus-
tries et certaines sciences ont dû à ces études
partielles. La division du travail est devenue,
à mesure que la civilisation se complique, la
loi nécessaire : le développement de tout ce
qu’invente l’intelligence n’a cessé de rendre

de plus en plus difficile et de plus en plus
vainc toute tentative encyclopédique. Les
arts ont beaucoup à gagner dans ces compa-
raisons que les nations différentes offrent de
leurs efforts, mais à condition que ces com-
paraisons portent sur des formes précises de
l’activité, et non plus sur l’ensemble du savoir
humain. Le projet d’Exposition universelle
nous semble condamné d’avance; mais le
champ demeure libre à des expositions qui,
pour être plus restreintes, seront plus
instructives.

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NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le dimanche 19 juin, à Paris, au jardin du
Luxembourg, un monument à la mémoire de
la comtesse de Ségur, née Rostopchine,
oeuvre du sculpteur Jean Boucher;

Le lundi 20 juin, sur le socle du monument
de Victor Hugo, place Victor-ITugo, à Paris,
des médaillons de Charles et François-Victor
Hugo, Paul Meurice et Vacquerie, dus au
sculpteur Denys Puech ;

Le samedi 25 juin, au dispensaire de Gli-
chy, un médaillon de ses fondateurs, M. et
Mme Goiiin, œuvre du sculpteur Bottée ;

Le dimanche 26 juin, à Sceaux, un buste
de l’ancien ministre Deluns-Montaud, œuvre
du sculpteur Injalbert.

Enfin, la semaine dernière a été placé à
l’Opéra, dans le pourtour de l’orchestre, un
buste du peintre-décorateur Jambon, œuvre
du sculpteur Bernstamm.

*** Le Conseil des musées a voté à l’unani-
mité l’acquisition de deux bustes qui provien-
nent de l’héritage du sculpteur A. Dumont,
ils représentent l’un Antonin Coypel, l’autre
son frère cadet Nicolas, et furent fail s, le
premier par Coysevox, le second par J.-B.
Lemoyne. Anna Coypel, sœur des deux
sculpteurs, avait épousé en 1712 François
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