La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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N* 2G. - 1910.

BUREAUX: 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

16 Juillet.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

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I_-e Numéro O fr. 2 5

15 fr.

PROPOS DU JOUR

e Conseil municipal vient de dis-
cuter une question qui, depuis
longtemps déjà et depuis quel-
ques semaines particulièrement,
préoccupe vivement les Parisiens. Il s’agit
des travaux entrepris dans la capitale et de
l’aspect lamentable qu’ont pris en ces der-
niers mois les rues, les boulevards et les
places. Non seulement on ne peut plus circu-
ler sans des difficultés et des retards, mais la
beauté de Paris souffre, et l’on a pu trouver
dans les journaux étrangers les moins sus-
pects de sévérité à notre égard des plaintes et
des regrets qui donnent à réfléchir.

Toutes les protestations qui se sont fait
entendre dans la presse et dans les assem-
blées ne seront pas inutiles si l’administra-
tion change ses projets et abrège les délais
qu’elle s’accordait. On a appris avec stupé-
faction, par la séance du Conseil municipal,
que d’après le dessein premier de l'adminis-
tration, la place de l’Opéra devait rester
bouleversée jusqu’au mois d’octobre 1911 !
Palissades, chantiers, excavations étaient
destinés à survivre plus d’une année. C’est
une perspective que le public, si complaisant
qu’il soit et si peu gêné qu’on se montre avec
lui, n’aurait pu tolérer. Aujourd’hui surtout,
que l’attention attirée sur le sort qu’on fait à
la Ville et sur l’insuffisance du soin avec le-
quel est entretenu Paris, il y a des exagéra-
tions qui auraient passé la patience. Ce sera
donc, si les promesses sont tenues, le 1er sep-
tembre que la place de l’Opéra reprendra
figure.

Mais le Conseil municipal ne s’est pas con-
tenté de ce résultat précis. Il a profité des
circonstances pour dire plus généralement sa

manière de penser et il l’a dite avec netteté.
L’ordre du jour qu’il a voté condamne les
« abus scandaleux >■> des-entreprises, constate
que le désordre augmente sans cesse, rappelle
ses plaintes multiples et, finalement, regrette
que la loi ne lui fournisse aucun mo3ren d'in-
tervenir. Son intervention cependant, même
sous cette forme, ne sera pas vaine. Dans un
pays d’opinion,il n’est bureaucratie qui puisse
se sentir indéfiniment irresponsable,parce que
finalement le public, la masse,toujours oubliée
dans les discussions économiques ou admi-
nistratives, des consommateurs et des contri-
buables finit par se sentir lésée dans ses in-
térêts ou offensée dans ses goûts. C’est aux
habitants de Paris à secouer la torpeur des
administrations, à exercer un contrôle con-
tinu, à sauvegarder par leur vigilance la
beauté de leur ville. Et c’est pourquoi nous
joignons notre protestation à toutes celles
qui se font entendre.

->♦<>♦<-

NOUVELLES

*** Par décret du Président de la Répu-
blique, en date du 8 juin, ont été nommés
chevaliers de la Légion d’honneur à l’occa-
sion de l’Exposition de Londres :

M. Besnard (Alfred-Jacques), architecte ;
M. Metman (Louis), conservateur du Musée
des arts décoratifs; M. Riotor (Léon-Eugène-
Emmanuel), secrétaire général, fondateur de
la Société nationale de l’Art à l’école.

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le mercredi 6 juillet, à Paris, dans le jardin
des Tuileries, un monument à la mémoire
de AValdeck-Rousseau, oeuvre du sculpteur
Marqueste et de l’architecte Gustave Rives ;

Le jeudi 7 juillet, à Paris, au Cours-la-
Reine, à l’angle de l’avenue d’Antin, un mo-
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