La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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N° 1. — 1911.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

7 Janvier.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

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PROPOS DU JOUR

ne coutume que rien ne régle-
mente et qui est née des cir-
constances, veut que les gardiens
des monuments célèbres fassent
x visiteurs un petit discours sur ce qui
s'offre à leur admiration. Ce morceau ■ d'élo-
quence n'a rien d'improvisé. Il est généra-
lement composé depuis des temps très anciens,
et sa naissance est obscure comme celle «les
poèmes antiques. Il se transmet par la tra-
dition orale; par la tradition orale aussi il se
transforme, il s'enrichit, il se corrige, le plus
souvent il se déforme. Tous les voyageurs
ont fait leurs remarques sur les singularités
que révèlent les aèdes officiels. On compo-
serait même un amusant recueil avec les
étrangetés de ces récits qui sont débités de la
meilleure foi du monde.

Serait-il impossible de guider les guides ?
serait-il bien difficile de composer à leur
usage un petit texte précis sur les monu-
ments et les collections qu'ils gardent ? A
Paris, l'opinion exerce d'elle-même un contrôle
et les erreurs sont moins nombreuses. Mais
combien de palais provinciaux, de châteaux
éloignés, de ruines anciennes mériteraient
d'être décrits avec soin au visiteur qui passe
et qui a besoin, en une seule fois souvent,
de saisir une image complète de ce qu'il
devrait connaître ?

Les conservateurs seraient tout désignés
pour procéder à la composition de ce petit
travail, et les gardiens ne demanderaient pas
mieux que d'apprendre une leçon à laquelle
serait promise d'avance une autorité nou-
velle. Il y aurait surtout un effort intéres-
sant à tenter pour que la curiosité portât
moins exclusivement sur les détails dits pit-

toresques, sur la rareté sans signification
générale, sur le souvenir dramatique ou l'his-
torique de pacotille. Une notice, rédigée par
un homme intelligent et compétent, essaierait
de solliciter davantage l'esprit du visiteur
en faveur de tout ce qui touche les grands
événements humains, les signes de la civili-
sation, les rapports de l'histoire de l'art, les
trouvailles par où les artistes renouvelaient
la tradition. Peut-être on notre âge de critique
a-t-on parfois méconnu tout ce que conte-
naient les légendes ? Mais si l'esprit d'examen
aide à rectifier ces pseudo-légendes, qui sont
les récits fantaisistes des guides, nul voya-
geur ne se plaindra que le passé exactement
reconstitué ait perdu quelquefois de sa poésie.

NOUVELLES

*** Par décret du président de la Républi-
que en date du 24 décembre dernier, rendu
sur le rapport du ministère de l'Instruction
publique et des Beaux-Arts, sont nommés
membres temporaires du Conseil des musées
nationaux pour une durée de trois ans, à
dater du Ier janvier 1911 : MM. Bourgeois
(Léon), sénateur; Poincaré (Raymond), séna-
teur, membre de l'Académie française ; Ay-
nard, député ; Leygues (Georges), député ;
Tétreau, président de section au Conseil
d'Etat; Combarieu (Abel), conseiller maître
à la Cour des comptes ; Bonnat (Léon), mem-
bre de l'Institut ; Collignon (Maxime), mem-
bre de l'Institut, professeur à l'Université de
Paris ; Coutan, membre de l'Institut; Gonse
(Louis), écrivain d'art, membre du Conseil
supérieur des Beaux-Arts ; Guillemet, artiste
peintre, membre du Conseil supérieur des
Beaux Arts; Rothschild (Edmond de), mem-
bre de l'Institut; Maciet (Jules), président de
la Société des Amis du Louvre.

**# Le sous-secrétaire d'Etat des Beaux-
Arts, M. Dujardin-Beaumetz, a fait revenir
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