La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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No 29. - 1911. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 9 Septembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

e gouvernement a cru devoir ré-
pondre à l'émotion qu'a provoquée
dans le public l'affaire lamentable
de la Joconde en prenant des me-

sures de deux sortes. Il a mis en disponibi-
lité le directeur des musées nationaux; il a
ordonné par décret une organisation nou-
velle de l'administration du Louvre.

L'opinion a été péniblement affectée par la
mise en disponibilité d'un homme qu'envi-
ronnait le respect du monde savant tout
entier. Par ses travaux, par sa haute valeur
scientifique, par le prestige qui demeure atta-
ché aux fouilles de Délos et de Delphes, le
■directeur des musées nationaux occupait dans
l'estime de ceux qui aiment les arts et l'ar-
chéologie une place privilégiée. Et le jour où
il a été frappé, ses collègues et les corps
savants ont tenu à lui marquer leurs senti-
ments. Il n'a été possible, d'ailleurs, de rele-
ver contre lui, dans la triste affaire de la
Joconde, aucune faute personnelle. Il a été
considéré comme ayant la responsabilité gé
nérale de l'administration du Louvre. Mais il
faut rappeler qu'il l'exerçait, en sous-ordre,
dans des conditions qu'il n'avait ni prévues,
ni souhaitées, — qu'il subissait en quelque
sorte.

Quant aux mesures prises pour l'avenir,
elles paraissent et ne veulent être, en vé-
rité, que des essais. On a cherché dans
l'administration des ministères de l'Intérieur
et des Finances des fonctionnaires sans doute
pleins de mérite mais nullement préparés à
la gestion des musées nationaux. Ils seront
un peu dépaysés dans ce domaine nouveau et
l'on peut se demander si l'on n'aurait pas
trouvé dans les services extérieurs ou inté-
rieurs des Beaux-Arts les hommes d'autorité,

d'initiative, de large culture artistique que
les circontances réclament. Mais le désordre
a paru si grand qu'on a jugé nécessaire d'éta-
blir un régime exceptionnel. Tout le monde
désire qu'il donne les meilleurs résultats,
mais chacun sent qu'il sera provisoire et qu'il
faudra dans quelques mois au plus tard ren-
dre au Louvre une situation normale.

La dure leçon que les événements imposent
servira du moins, on le veut espérer, à faire
voter rapidement les crédits indispensables
à la sécurité de notre grand musée. Des mo-
difications doivent être apportées à la dispo-
sition des bâtiments ; il appartient aux archi-
tectes de les réaliser d'urgence. L'accroisse-
ment du nombre des gardiens est de nécessité
aussi absolue, et le gouvernement doit le
réclamer sans trêve ni merci ; enfin les ser-
vices chargés de surveiller les gardiens ont
besoin de se persuader que la discipline est
indispensable et qu'il n'est pas de considéra-
tion qui la doive faire fléchir. Il a été facile de
mettre en cause les conservateurs. On s'est
mépris étrangement sur la nature de leurs
devoirs et on a trop volontiers méconnu leurs
mérites. Hommes de science zélés et scrupu-
leux, ils font honneur à notre Louvre: le
tort fut précisément d'affaiblir leur autorité.
Il importe de la leur rendre et de ne pas
les gêner dans l'exercice d'une fonction dont
ils sentent plus que personne les charges et
la noblesse.

NOUVELLES

*** Dimanche dernier 3 septembre a été
inauguré à Bagnols (Gard) un monument à la
mémoire des enfants du canton tués pendant
la guerre de 1870-71.

*** L'annonce de la prime promise par un
journal à qui rapporterait la Joconde volée
au Louvre et l'espoir d'une semblable récoin-
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