La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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N° 14. — 1911. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

8 Avril.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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I_,e ITuméro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

a direction des travaux de la Ville
de Paris, devenue vacante il y a
quelque temps, a été pourvue
d'un nouveau titulaire. On sait
quelle est l'importance de cette fonction et
quelles responsabilités lui incombent. Le
directeur à qui elle vient d'être confiée se
trouve être l'homme de la situation : il a le
savoir, l'autorité, la compétence; il a fait une
étude particulière de tout ce qui touche à
Festhétique urbaine; il a l'amour et le respect
du passé; il a, en môme temps, le souci des
conditions qui peuvent assurer le développe-
ment harmonieux de Paris : il est, de l'avis
de ceux qui l'ont vu à l'œuvre, « l'homme
qu'il faut à la place qu'il faut ».

Or, on constate avec quelque étonnernent
qu'il s'élève contre cette nomination des ré-
clamations dont la cause échappe; on s'aper-
çoit avec inquiétude que, dans un cas où un
poste est confié à quelqu'un qui notoirement
le mérite, il y a, moins dans l'opinion que
dans les milieux parlementaires, des objec-
tions que le parti pris ou l'ignorance peu-
vent seuls expliquer. Un homme qui y a les
titres certains assume des fonctions où tout
fait penser qu'il rendra des services ; au lieu
de lui faire crédit, de lui faciliter la tâche,
de lui ménager l'accueil dont il est digne, on
l'attaque sans raison. S'il était moins prêt à
exercer ses fonctions, moins énergique, moins
éclairé sur ses devoirs, un directeur nouveau
venu pourrait se sentir singulièrement gêné.

Quand on se souvient de la négligence avec
laquelle tant de commentaires en d'autres
•cas ont été faits, on est plus déconcerté en-
core. Il y aurait quelque chose d'affligeant à
penser que le jugement porté sur les fonction-

naires dépend de toutes les considérations
imaginables, sauf de leur valeur profession-
nelle. Trop souvent déjà l'opinion a eu à
constater la facilité avec laquelle la politi-
que couvrait et excusait des abus injustifia-
bles. Que pensera-t-elle si désormais à cet
abus s'en joint un autre non moins intolérable,
et si, au cours de discussions peu éclairées,
elle voit les objections inopportunes s'as-
sembler contre les hommes plus qualifiés ?

NOUVELLES

*** Dans son testament, sir Charles Dilke
lègue au musée du Louvre ou à celui du
Luxembourg le portrait de Gambetta par Al-
phonse Legros.

A la National Portrait Gallery de Londres,
sir Charles lègue quelques toiles remarqua-
bles, entre autres le portrait de M. Joseph
Chamberlain par Holl, et à la municipalité
de Westminster un admirable portrait de John
Stuart Mill par Watts.

**# Le Musée de l'Armée vient de recevoir
le portrait du commandant Martian de Ber-
nardy de Sigoyer qui, le 24 mai 1871, pendant
la Commune, à la tête du 20e bataillon de
chasseurs à pied, sauva le Louvre des flam-
mes qui commençaient à envahir la galerie
des Antiques.

**# Le Musée Carnavalet vient de s'enri-
chir d'une des plus curieuses enseignes an-
ciennes de Paris : celle de « l'Orme Saint-
Gervais » qui décorait la maison no 20 de
la rue du Temple. Elle rappelait l'orme qui se
trouvait jadis devant l'église Saint-Gervais
et sous lequel on rendait jadis la justice.
; M. L.-P. Basset, ancien capitaine de fré-
gate, qui vient de mourir à Avranches, a
légué au même musée une intéressante
collection de manuscrits et d'albums géogra-
phiques et historiques, plus le portrait de
son aïeule, Mme de Tourville, par Nattier, et
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