La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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N. 0.-19H. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«)_4 Mars.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Le JSr-améTO : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

[NE initiative heureuse a été prise
récemment par une Compagnie de
chemins de fer. Une gare nouvelle
devait être construite. Au lieu de
s'en tenir à une bâtisse sans caractère, la
Compagnie a eu le souci de se dérober à
l'emprise de la routine et des errements
coutumiers. Elle s'est adres&ée à un archi-
tecte qu'elle savait capable d'originalité et
de talent ; elle l'a laissé libre, elle lui a per-
mis d'appeler à collaborer avec lui un
sculpteur et un décorateur qui se sont con-
quis une notoriété légitime dans l'art mo-
derne. Ainsi a été mené à terme un bâtiment
qui répond exactement à sa destination, et
qui compose un ensemble doué du plus
attrayant intérêt. La station où il se trouve
et où passent beaucoup de voyageurs de
toutes les" nations offre ainsi au regard
l'image d'une œuvre de notre temps et se
dresse comme un témoignage de la vitalité
de notre génie constructif.

Il est à souhaiter que cette initiative ne
reste pas sans seconde. On est affligé, quand
on arrive dans nombre de grandes villes
françaises, de l'aspect minable, de l'ordon-
nance fâcheuse du premier édifice avec lequel
on fasse connaissance. Les architectes de
jadis avaient mis quelque coquetterie, si l'on
peut dire, dans l'invention de leurs façades,
et c'est pourquoi, à Paris, quelques-unes d'en-
tre elles sont restées exemplaires. Il est
regrettable que cette tradition née dans notre
Pays, n'ait pas été plus suivie. L'étranger l'a
reprise avec diligence. Les résultats n'ont
pas toujours été aussi heureux que les inten-
tions; mais, plus d'une fois, la réussite a
recompensé l'effort. L'édifice s'impose par son

aspect monumental, par la recherche de la
décoration, par l'ampleur donnée à ses pro-
portions : il témoigne dès l'abord de la richesse
de la cité, du souci de son bon renom auprès
de ses visiteurs ; il est là pour faire accueil
et aussi pour être la dernière image que le
voyageur emportera.

Si l'architecture, qui a jeté tant d'éclat dans
notre pays, sommeille depuis si longtemps,
c'est peut-être que la latitude donnée aux
artistes capables d'être personnels a été trop
rare; c'est qu'on s'est trop contenté, à chaque
occasion, de s'adresser aux fabricants de
modèles tout faits qui ne promettaient rien
d'original, mais qui ne faisaient rien craindre
d'agressif. Peut-être aussi les constructeurs
ont-ils été découragés par les enjolivements
artificiels et cette décoration de mauvais aloi
qui ont paru le seul secret de tant d'embellis-
sements contestables. Il serait bon que le
public reprît le goût de cet art particulier
qui réside dans l'exacte adaptation des
constructions à leurs fins, et qu'il ait le désir
de voir les édifices d'utilité publique revêtir
ce caractère d'appropriation qui leur confère
la beauté.

-»*-cz>-*<-

NOUVELLES

#*# Par arrêté du ministre de l'Instruction
publique et des Beaux-Arts en date du 27 fé-
vrier 1911, sur la proposition du sous-secré-
taire d'Etat des Beaux-Arts, ont été nommés
membres du conseil supérieur des Beaux-
Arts : MM. Tardit (Michel), conseiller d'Etat,
membre technique de la Manufacture natio-
nale de Sèvres; Faure (Gabriel), écrivain
d'art.

*** Par arrêté en date du 25 février 1911,
M. Verne (Henri), rédacteur au ministère du
Commerce et de l'Industrie, est nommé ré-
dacteur au secrétariat des musées nationaux,
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