La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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N» 35. - 1911. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«) 2 Décembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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ZLe Nxxrxxéra : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

e département de la peinture est,
comme l'on sait, l'un des plus
importants du Louvre, un de ceux
qui s'enrichissent sans cesse et
attirent le plus le public à la fois par l'intérêt
historique et par la beauté du spectacle. Il
est dirigé par un conservateur qui est le zèle,
la conscience et le scrupule même et qui
s'est acquis en quelques années l'estime de
tout le monde savant. C'est dire que dans ce
département toute réforme, s'il en est besoin
un jour, doit être faite avec beaucoup de
précaution et de discernement ; c'est dire
aussi que les premiers consultés doivent être
les conservateurs.

Or, s'il en faut croire des nouvelles qui ne
semblentpas,ilestvrai, avoirencore beaucoup
de consistance, il serait question d'apporter
dans l'organisation du département de la
peinture au Louvre une modification tout à
fait inattendue. On parle de la diviser en deux
sections, dont Tune serait consacrée à la
peinture ancienne, l'autre à la moderne. On
créerait ainsi un nouveau poste qui serait
confié, nous voulons bien le croire, à un
homme ayant toute la compétence et toute
l'autorité requises. Même dans ces conditions,
le projet de réforme paraît tout à fait malen-
contreux. L'histoire de la peinture au Louvre
n'est pas composée de deux grands chapitres
indépendants l'un de l'autre. Cette séparation
de l'ancien et du moderne part d'une concep-
tion étroite et qui est en désaccord avec les faits.
Il existe un musée de la peinture contempo-
raine, et l'on a pensé avec raison que pour
les vivants nul jugement ne pouvait devan-
cer ce classement entre les 03uvres qui est
l'œuvre mystérieuse du temps. Mais le Louvre
est fait précisément pour être l'asile des œu-

vres qui sont déjà entrées dans l'histoire; il
nous montre dans son développement, dans
sa suite, la tradition de la peinture française.
Etablir des séparations artificielles là où
nous sommes habitués à voir la continuité
de la vie et de l'art, c'est méconnaître grave-
ment ce qui est essentiel à notre grande ga-
lerie nationale.

Si l'on tient cependant à améliorer le dépar-
tement de la peinture, les mesures à prendre
sont bien simples. L'une consiste d abord à
donner au conservateur les collaborateurs
auxquels il a droit d'après les statuts mêmes
du musée, au lieu de laisser son département
un peu désorganisé et de lui imposer un sur-
croit de travail considérable. L'autre serait
de confier spécialement les dessins au con-
servateur-adjoint. Les dessins sont une des
richesses du Louvre, et à eux seuls ils peu-
vent aisément occuper l'activité d'un homme
qui se vouerait à ce soin. Il serait inutile et
injuste de les séparer absolument de la pein-
ture et de mutiler ainsi le département. Mais
il n'y aurait aucun inconvénient à faire pour
eux, dans ce département même, une section
spéciale. Voilà les seules réformes néces-
saires. La division de la peinture, elle, est
absurde : elle ne répond à rien, ou du moins
à rien qui touche les intérêts de l'art, ici
seuls en cause.

NOUVELLES

#*# Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le mardi 14 novembre, au cimetière Mont-
martre, un buste du compositeur Adolphe
Deslandres, œuvre du sculpteur PaulChoppin ;

Le dimanche 20 novembre, à Paris, à la
façade de la maison n° 47 de la rue Raynouard
qu'habita Balzac, un médaillon de l'auteur de
la Comédie Humaine, oeuvre de Mme Jeanne
Itasse-Brofmet.
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