La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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25. — 1911. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

15 Juillet.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

^Vr/çA d'Histoire naturelle a pris une
7gvW/y^ décision dont les artistes se sont
^*JCj*2 vivement émus. Il a décidé de
n'accorder les cartes donnant autorisation à
modeler ou à dessiner que sur la demande
du directeur des grandes écoles et des ma-
nufactures nationales. Ce nouveau règlement
a soulevé tout de suite des protestations aux-
quelles la Chronique s'est alors associée. On
espérait qu'il suffirait d'en faire paraître les
inconvénients pour qu'il fût modifié. Mais le
temps a passé sans que rien ait été fait et il
nous faut rsvenir sur un sujet qui préoccupe
grandement dessinateurs, peintres et sculp-
teurs.

Le régime nouveau aboutit à cette consé-
quence inattendue : un artiste qui n'appar-
tient ni à l'Ecole des Beaux-Arts, ni à l'Ecole
des Art» décoratifs, ni à Sèvres, ni aux Go-
belins, n'a aucun moyen d'être admis à
photographier ou à dessiner au Jardin des
Plantes. De ce fait, se trouve constitué une
sorte de privilège en faveur des élèves d'écoles
nationales. Mais un sculpteur ayant l'habi-
tude de travailler depuis dix ans se trouve
tout à coup privé d'un droit dont il usait.
Mais un étudiant libre, n'appartenant à
aucun établissement, à aucun groupement,
se voit privé des heures d'étude qui contri-
buaient à sa formation. Mais un homme
obligé d'avoir un métier pour vivre et ayant
un goût passionné du dessin, ne pourra plus
consacrer quelques heures de liberté au tra-
vail de son choix. Comment admettre un ré-
sultat si paradoxal ?

On aime à se souvenir que de tous temps le
Muséum a largement ouvert ses riches collec-
tions, et l'on souhaite que le Muséum s'en

souvienne lui-môme. Qu'il prenne ses pré-
cautions pour ne pas recevoir n'importe qui,
cela est trop naturel. Mais que du moins il
continue d'accueillir généreusement tous ceux
qui viennent profiter de richesses uniques et
qui viennent demander au Jardin des Plantes
le moyen de mieux connaître et de mieux
servir leur art.

NOUVELLES

*** Le musée du Louvre vient de s'enri-
chir de superbes dessins de l'école anglaise,
généreusement offerts par M. E. M Hodg-
kins. Ce sont six portraits exécutés à la mine
de plomb, au fusain et à la plume, aqua-
relles ou gouaches. Trois sont l'œuvre de
John Dowman, deux sont signés de Richard
Cosway; un de Lawrence.

#** Un beau bronze de la Renaissance ita-
lienne vient d'entrer dans les collections du
Louvre, acquis d'un amateur anglais. C'est
une représentation très rare d'une danseuse
nue, dont une étoffe drape les hanches, et
qui, dressée sur les pointes, se renverse dans
un geste pâmé. Ce bronze de fonte claire peut
être d'un atelier vénitien de la première moi-
tié du xvic siècle.

Le même département des objets d'art a
reçu de la générosité de la Société des Amis
du Louvre, toujours si soucieuse d'enrichir
d'un objet rare nos collections, une coupe
en faïence de Perse, du xme siècle, prove-
nant des fouilles de Rhagès, décorée de nom-
breux personnages polychromés sur fond
blanc. C'est un objet d'une grande beauté et
d'un style très curieux.

*** Par décret du Président de la Répu-
blique, en date du 21 juin, une parcelle de
terrain de 2 hectares 72 ares, provenant du
grand séminaire de Versailles, a été attribuée
au département de l'Instruction publique et
des Beaux-Arts, en raison de l'intérêt histo-
rique et artistique qu'elle présente.
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