La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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N. 6. - 1911. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«) 11 Février.

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CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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I_,e Numéro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

'Académie des Beaux-Arts a cou-
tume de choisir tous les ans le
sujet d'un certain nombre de con-
cours. C'est une de ses attributions.
En pareilles circonstances, elle donne aux
peintres, aux sculpteurs, aux architectes, le
thème qui doit servir à leurs méditations et
inspirer leur œuvre.

Il n'est pas de mission plus délicate. On
devine, du reste, combien il est difficile de
concilier ce qui semble inconciliable, la pré-
cision d'un programme et la liberté néces-
saire à un artiste. Parfois il est arrivé que
les choix de l'Institut ont prêté à la critique,
et que les allégories ou les scènes proposées
par lui ont paru laisser trop peu de place à
l'initiative, à la fantaisie, en un mot à la
personnalité.

On ne sera pas justifié d'adresser pareil re-
proche aux sujets que l'Académie a désignés
pour les prochains concours Roux. En pro-
posant « l'Hiver » aux sculpteurs, et « la
Guerre •> aux peintres, elle s'est tenue dans
les généralités, et on ne l'accusera pas d'avoir
enfermé l'inspiration de chacun dans un pro-
gramme trop étroit. Ne craignons pas de dire
qu'il faut la louer de ces dispositions. Ce que
Ton appelle les sujets généraux et les lieux
communs, c'est au fond l'ensemble des idées
et des sentiments desquels vit l'humanité.
Chaque époque en renouvelle l'expression et
y ajoute ce que sa sensibilité, ses réflexions,
son histoire lui inspirent. La généralité, la
banalité même d'un sujet, invite mieux à
l'originalité que ces thèmes mythologiques
trop précis et caducs. Elle permet au moins
à ceux qui ont quelque chose de personnel à
exprimer de le faire librement. L'invention

dans les arts n'a pas été autre chose, aux plus
brillantes périodes classiques, qu'un accom-
modement de cette nature entre le passé et le
moderne, entre la tradition et la nouveauté.

->*~C^>X-1-

NOUVELLES

*** La commission du budget a examiné
les nouvelles propositions du gouvernement
en ce qui concerne l'acquisition de l'hôtel
Biron.

Le projet du gouvernement consisterait à
prolonger l'avenue de Tourville jusqu'à la
rue Monsieur, également prolongée ; les ter-
rains qui se trouveraient en dehors de la rue
Monsieur seraient lotis ; les terrains et les
bâtiments compris entre le boulevard des In-
valides, l'avenue de Tourville et la rue Mon-
sieur seraient affectés à un lycée avec inter-
nat de jeunes filles ; les terrains en bordure
de l'avenue de Tourville, du côté de l'hôtel
Biron, seraient également lotis pour la cons-
truction de quatre petits hôtels avec servi-
tudes.

Quant à l'hôtel lui-même, son affectation
n'est pas encore décidée ; mais il semble qu'on
ait renoncé à en faire soit un hôtel pour les
souverains en visite à Paris, soit un palais de
Congrès.

La commission du budget a ramené de
6.50J.000 fr. à 6 millions l'engagement des
dépenses consenties, et elle a chargé son rap-
teur général, M. Charles Dumont, de se met-
tre d'accord avec le gouvernement sur l'affec-
tation à donner à l'hôtel Biron.

**# Par décret en date du 23 janvier, une
partie de l'ancien grand séminaire de Brou
est affectée au service des Beaux-Arts, en vue
de l'installation d'un musée lapidaire.

*** On vient de placer au Panthéon, entre
les fresques de M. Humbert, sur le côté gau-
che de l'édifice et se détachant sur un fond
de tapisserie, un monument aux grands hom-
mes ignorés, œuvre de M. Landowski, ex-
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