La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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No 30. - 1911. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6«) 23 Septembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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I_,e Numéro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

n ne peut, après les affligeantes
mésaventures de cet été, détacher
sa pensée du Louvre, et c'est à
.SnSyw^t tout ce qui intéresse notre grand
musée que l'on revient malgré soi. Un règle-
ment nouveau a fixé les heures d'ouverture et
de fermeture des ditf'érentes salles, de ma-
nière à assurer une garde efficace aux parties
du musée visitées par le public. C'est fort
bien, mais on se demande si cette disposition
doit être définitive, ou si elle intervient
comme quelque chose d'exceptionnel.

Si elle doit rester en vigueur, elle instaure
un régime inconnu. Le Louvre avait cette
magnificence d'être ouvert tous les jours, sauf
le lundi. C'était un avantage permanent pour
tous ceux qui travaillent ; c'était pour le visi-
teur qui passe une grande commodité. Il fut
question à plusieurs reprises d'imposer au
moins certains jours un droit d'entrée: en fin
de compte on ne s'y est pas, pour l'instant
du moins résolu. La règle du musée reste
d'être en principe ouvert aussi largement que
possible : les exceptions, comme il y en a eu
le jeudi, depuis quelque temps, comme il y
en a eu parfois pour certaines salles, venaient
toutes de l'insuffisance du nombre des gar-
diens.

Or, c'est cette raison même qui a décidé à
établir entre les salles une sorte de roule-
ment. Le musée ne sera, désormais, que par-
tiellement ouvert. Personne ne blâmera cette
mesure, si la sécurité du musée en impose la
nécessité. Mais tout le monde désire savoir
quand l'administration sera à même de lais-
ser sans péril le Louvre tout entier ouvert
comme jadis. Il y aune mesure que l'opinion
attend: c'est que, dès la rentrée, une demande
de crédits permette enfin de recruter le per-

sonnel suffisant à la garde de notre patri-
moine artistique. Le Parlement, a pu faire,
à l'occasion de l'affaire de la Joconde, un re-
tour sur lui-mêmeet un examen de conscience
plutôt douloureux ; il a pu se demander si, mal-
gré des avertissements répétés, il avait atta-
ché aux questions d'art l'attention qu'elles
méritent. Il doit au Louvre aujourd'hui
une réparation hélas bien tardive : il doit lui
donner sans délai les moyens de conserver
la propriété essentielle que constituent nos
trésors d'art. Tout ne sera pas réglé, certes,
par cette mesure, et le sort des musées natio-
naux fera l'objet de plus d'une discussion:
mais on aura du moins paré au plus urgent.

NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le dimanche 17 septembre, à Issoudun, un
monument à la mémoire des soldats de l'ar-
rondissement d'Issoudun morts pour la patrie,
œuvre du sculpteur Nivet ;

Le même jour, à Privas, un monument à
la mémoire des mobiles et des enfants de
l'Ardèche morts pour la patrie en 1870-71.

On vient également d'ériger à Nice, devant
le Casino, une statue du roi d'Angleterre
Edouard VII, oeuvre du sculpteur Denys
Pue ch.

*** Le Figaro a reçu et transmis au con-
servateur du musée de sculpture comparée du
Trocadéro un moulage d'une tête de femme
de l'époque gallo-romaine provenant des
fouilles de Châtenay (Nièvre), qui avait été
dérobé à ce musée.

*** Le Musée Carnavalet vient de s'enri-
chir d'une enseigne « Au Chat Noir », pro-
venant d'une maison sise au coin de la rue
Saint-Denis et de la rue La Reynie. Cette
enseigne était celle du confiseur de Marie-
Antoinette et de Joséphine.
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