La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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N« 34. - 1911. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 18 Novembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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Le ISTiaméro : O fr. 25

PROPOS DU JOUR

l est arrivé aux Lyonnais une sin-
gulière aventure que les journaux
ont racontée. Ils possédaient un
monument funéraire de Chinard

par lui-même et ils étaient fiers à juste titre
de cette sculpture que leur avait laissée leur
compatriote. L'ouvrage était fort admiré.
Quand s'ouvrit à Paris, il y a quelque temps,
une exposition à la gloire de l'artiste lyon-
nais, les organisateurs ne manquèrent pas de
demander à la Ville de Lyon de vouloir bien
leur prêter le monument unique. La Ville de
Lyon y consentit de bonne grâce. Mais les
événements ont mal récompensé cette com-
plaisance : Lyon n'a pas revu le tombeau de
Chinard.

Par quelles circonstances invraisemblables
un ouvrage de cette importance a-t-il pu
être enlevé à l'Administration municipale?
C'est ce qu'un procès éclaircira sans doute.
Les héritiers de Chinard ont, parait-il, ré-
clamé le monument, puis ils l'ont cédé à un
tiers. Et aujourd'hui le nouveau propriétaire
ne prétend le rendre à la Ville que moyen-
nant un prix raisonnable. On manque de
lumière sur les raisons qui ont pu amener
les héritiers à intervenir, et la Ville à ne pas
faire triompher immédiatement ses droits.
Mais on est impatient de les connaître. Une
grande ville obligée de racheter une œuvre
qu'elle estimait être sa propriété et qu'elle a
prêtée gracieusement, c'est un chapitre inat-
tendu à joindre à l'histoire déjà trop longue
des vicissitudes des œuvres d'art dans notre
pays.

De telles circonstances ne sont pas faites
pour favoriser les expositions. Il est toujours
délicat pour un collectionneur ou pour un
musée, même quand les organisateurs offrent

toutes les garanties souhaitables, comme c'était
le cas, de se dessaisir d'un ouvrage. Les ris-
ques sont multiples, et il n'est si bonne
administration qui puisse être assurée de
n'en courir aucun. Mais si la publicité donnée
aux œuvres ainsi exposées peut être une occa-
sion de remettre en question le droit de pro-
priété, il faut avouer que de telles conjonc-
tures sont décourageantes à la fois pour les
prêteurs et pour ceux qui organisent ces
expositions d'ensemble si intéressantes pour
l'enseignement et pour l'histoire. On a multi-
plié depuis quelques années les lois sur la
protection des objets d'art ; on a modifié et
complété la loi sur les monuments classés ;
on a revisé le statut des musées de province.
On se demande, du moins dans l'état actuel
des informations, comment l'aventure du
monument de Chinard a été possible.

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NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le lundi 6 novembre, au cimetière du
Montparnasse, l'inauguration d'un buste de
Ferdinand Brunetière, œuvre du statuaire
Allouard ;

Le jeudi 9 novembre, à Limoges, un mo-
nument à la mémoire du général baron Da-
lesme, œuvre du sculpteur Conteilhas ;

Le dimanche 12 novembre, à Marseille,
une fontaine monumentale due au sculpteur
Jules Cantini et offerte par lui à la ville de
Marseille (1) ;

Le même jour, à Aix-en-Provence, un
buste de Zola, œuvre du sculpteur Solari,
dressé sur un piédestal dû à l'architecte Mau-
rice Baille ;

Le même jour, à Angers, un monument de

(1) M. Ferdinand Servian, de l'Académie de
Marseille, vient de publier, à cette occasion, une
intéressante monographie de cette œuvre (Mar-
seille, imp Barlatier).
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