La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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LA CHRONIQUE DES ARTS

l'ambassadeur d'Angleterre et du ministre de
l'Instruction publique et sous la présidence
effective de M. P. de Nolhac, une exposition
des pastellistes anglais du xvme siècle, qui
aura lieu du 1er avril au 15 juin à la galerie
Brunner, 11, rue Royale. Les bénéfices de
l'exposition seront partagés entre le Victoria
Home de Neuilly (maison de retraite pour
femmes âgées) et l'Orphelinat des Arts.

Au mois de mai prochain aura lieu l'ouver-
ture d'une autre exposition — celle-ci de pe-
tits maîtres hollandais — due à l'initiative de
la revue If Art et les Artistes. Elle sera cons-
tituée presque en entier par des chefs-d'œuvre
empruntés aux collections parisiennes, et le,s
bénéfices produits par les entrées seront dis-
tribués à l'Orphelinat des Arts et à la Société
de bienfaisance hollandaise de Paris.

#** Le 9 avril 1911, la ville d'Avignon célé-
brera le centenaire du Musée Galvet. C'est en
effet la date anniversaire d'un décret impé-
rial qui a autorisé la fondation de cet éta-
blissement. Esprit Calvet, médecin, archéo-
logue, naturaliste, avait réuni pendant sa
vie une assez belle bibliothèque d'amateur,
un riche cabinet de médailles et d'antiques,
ainsi que quelques tableaux. Il 1 aissa le tout
à sa ville natale pour former une bibliothèque
publique dont l'administration fut constituée
dès 1811. Mais c'est à partir de 1826 que la
ville d'Avignon, en réunissant sous une di-
rection unique les collections de Calvet et le
musée-bibliothèque municipal, a donné son
organisation actuelle au Musée Calvet qu'elle
installa quelques années plus tard dans le
charmant hôtel de Villeneuve-Martignan. A
l'occasion de ce centenaire, une exposition
d'art provençal, avec section rétrospective,
aura lieu au Palais des Papes.

*** Des voleurs qui, pendant une des nuits
de la semaine dernière, ont pénétré dans une
des salles du musée du Havre, ont enlevé
d'un médaillier une grande quantité de mon-
naies et de médailles anciennes.

*% Le 6 avril prochain, jour anniversaire
de la mort de Raphaël, l'autel et le tombeau
de l'artiste, qui avaient été fortement dété-
riorés avec le temps, seront rendus au public
dans tout leur éclat primitif, restaurés qu'ils
viennent d'être par les soins de l'Office des
antiquités et des Beaux-Arts de Rome. Les
cendres de Raphaël y sont enfermées dans
un sarcophage romain trouvé à Ostie et of-
fert pour cette destination par Grégoire XVI,
qui fut pape de 1831 à 1836.

**# Sous le litre « Paris in etching », le
conservateur du Cabinet des estampes de la
Blibliothèque publique de New-York, M.
FranzWeitentkampf, vient d'organiser àcette
Bibliothèque une très intéressante exposition
de gravures d'artistes français et étrangers
représentant des aspects parisiens. Meryon y
occupe la place d'honneur entouré de Féli\
Buhot, II. Guérard, F. Bracquemond, La-
lanne, L. Flameng, A. Lepère, Jacquemart,
Brunet-Debaines, E. Béjot, Toussaint, Péqué-
gnot, Rochebrune, Delauney, Franz Simon,
F. Laing, Lester G. Hornby, C. Warner, H.
Osgood, etc.

PETITES EXPOSITIONS

Les « Peintres Orient alistes français »
(Grand Palais)

Les « Peintres Orientalistes » se sont dit sans doute
qu'un pays est toujours à l'Orient d'un autre et,
partant de là, ils ont admis à leur exposition des
scènes d'Espagne, des vues de Venise, de Gênes et
de San Remo. Il ne faut pas s'en plaindre. Cette
élasticité laissée à leur itinéraire nous vaut quelques
bonnes œuvres de plus, comme les pastels de M. Mo-
rerocl, les aquarelles de M. René Binet, les dessins de
MM. Léon Carré et Sureda et quelques petits pan-
neaux de M. G. Padilla, traités en grisaille, intéres-
sants dans leur mélancolie.

Qu'on ne recherche pas des colorations inatten-
dues. Devant ces paysages et ces scènes, les uns
notés en Extrême-Orient ou dans l'Asie centrale,
d'autres dans l'Afrique du Nord, on arrive, malgré
qu'on en ait, à conclure que la nature varie peu
ses couleurs, que ce qui varie et s'impressionne,
c'est l'œil qui voit et le cerveau qui pense. C'est à
peine si une toile, les Gorges cl' El-Khemis, par
M. Harald Gallon, donne l'idée d'une autre qualité
d'air que celle qui nous est familière; les Vues de
la villa May-Edâin à Alger, par M Ed. Gaudissard,
sont des symphonies en bleu, clans une lumière
adoucie et tamisée qui serait celle de rile-de-Franco
aux jours d'été ; les jolis coins turcs de M. Ed. Doi-
gneau, sans les costumes et les détails qui attestent
les rives du Bosphore, seraient pareils à quelque
coin de notre Midi brûlé par le soleil d'août ; les
Mauresques de M. Jules Migonney, soigneusement
observées, n'auraient pas à se maquiller beaucoup
pour passer inaperçues dans notre capitale. Seul,
le corps bronzé de la jeune Algérienne de M. Dinet
donne, parmi les peintures au moins, l'idée d'une
autre race, souple et belle dans sa liberté ensoleil-
lée. C'est ce môme sentiment qu'on a plaisir à
retrouver dans les petits bronzes dus à M. Albert
Mulot, dont certains ont des frissons d'épiderme,
des mouvements do torse qui montrent un sculp-
teur sensible à la beauté humaine. Les autres ar-
tistes originaux qui sont ici, nous les connaissons :
ce sont MM. Manzana-Pissarro, somptueusement
décoratif, Edgard Chahine, avec ses langoureuses
eaux-fortes, Pierre Roche, avc3 ses curieuses gyp-
sographies, Raymond Bigot avec ses aquarelles si
personnelles où il semble avoir adapté à son
esprit occidental l'observation et le souvenir des
techniques du Japon, le sculpteur Herbert Warcl
avec ses types des races du centre africain,
M. Quillivic qui a quitte sa Bretagne pour
l'Algérie. Une rétrospective réunit quelques œu-
vres de Gasté, plus attrayantes par icurs notes
pittoresques quo par leurs qualités de peinture.

3e Exposition de la Société Moderne
(Galerie Durand-Ruel)
Voilà enfin une salle où l'on a plaisir à flâner et
à regarder. Tous les artistes qui y exposent n'em-
ploient certes pas le même langage: entre M.Caro-
Delvaille et M. Henri Lebasquc, entre M. Manzana-
Pissarro et M. Louis Legrand, entre tous ceux qui
sont ici, il existe des différences assez sensibles pour
ne pas craindre la monotonie lorsqu'ils se grou-
pent, des affinités assez profondes pour qu'on ne
puisse les accuser d'être hétérogènes lorsqu'ils
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