Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 24.1868

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DAVID WILKIE

omme il a lui-même pris le soin de nous
l'apprendre en une brève notice, sir David
Wilkie naquit au comté de Fife, le 18 no-
vembre 1785. Ce fut dans les murs du
presbytère de l'humble paroisse de Cuits
qu'il ouvrit pour la première fois au jour
des yeux conformés pour si bien voir. Son
père, dont il se trouva être le troisième
enfant et dont on lui donna le prénom ,
n'était autre, en effet, que le pasteur de la localité. Sa mère se nommait
Isabella Lister. D'un côté comme de l'autre le nouveau-né tenait au
meilleur sang du pays. Originaire du comté de Mid-Lothian, sa famille
paternelle vivait depuis quatre cents ans, sans jamais avoir encouru
le moindre reproche dans cette province, des revenus d'un bien héré-
ditaire qui, malheureusement, passa à une branche plus jeune, grâce
à l'imprudence d'un ancêtre de notre héros. Le jeune Wilkie se repré-
senta toujours comme un cadre béni ce domaine patriarcal. 11 aimait à
remonter avec lui cette longue suite d'années mystérieuses dont la lumière
innocente avait éclairé tous ces défunts. Ses plus vives chimères s'envo-
laient toujours par là. De le racheter, de le rebâtir, — tout en respec-
tant un vieux coin de toit dont la cheminée n'avait pas croulé encore, —
de l'illustrer de peintures qui eussent retracé les vieux faits d'armes
écossais, ce fut un autre rêve qui, plus tard, alors déjà que sa célébrité
n'était plus douteuse, l'obséda longtemps et de sérieuse façon. Qu'on nous
pardonne d'insister sur un détail : les hommes comme Wilkie ne se com-
prennent bien qu'à l'aide de tels commentaires. C'est dégager le trait
essentiel de leur physionomie que de démontrer leur parenté avec le sol.
La séve de leur talent, ils l'ont puisée en des couches accumulées à des
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