Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 24.1868

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CORRESPONDANCE DE LONDRES.

Londres, 15 mars 1868.

UN NOUVEAU ¥ A S A RI. — L' É C 0 L F, PRIMITIVE p O R T U G A T S E ET LES PEINTURES DE
VIS EU ET DE COÏMBRE. —• LES COLLECTIONS ROYALES DEPUIS HENRI VIII.

a peinlure italienne a eu pour principal historien Vasari; c'est dans son
livre que tous les curieux vont chercher leurs notions fondamentales. Mais
le peintre biographe ne répond plus que d'une façon incomplète aux be-
soins de tous; l'édition Lemonnier, malgré ses notes précieuses, est encore insuffisante,
et les travaux spéciaux des Laderchi, des Marchese, des Gonzati, des Gualandi et de tant
d'autres, ne sont pas suffisamment vulgarisés. Une fusion de tous ces ouvrages et do
tous les documents publiés successivement, grâce à la patience d'une foule de travailleurs
obscurs, dans des recueils périodiques, des brochures, des journaux, était donc devenue
indispensable. C'était un énorme travail, plein de difficultés, dont la plus grande était
peut-être de satisfaire complètement aux justes exigences d'un public éclairé. Cette
tâche a tenté deux écrivains qui, dans un premier volume publié il y a quelques
années 1, avaient donné la mesure de leur science profonde et de leur parfaite connais-
sance des questions d'art, et qui viennent de faire paraître dernièrement le troisième
volume de leur Histoire de la peinture en Italie 2. MM. Crowe et Cavalcaselle sont
arrivés à nous fournir l'ouvrage le plus complet qui ait encore paru, ouvrage plein de
détails biographiques nouveaux, de remarques précieuses sur les anciennes manières
de travailler, d'observations critiques d'une justesse frappante sur les maîtres et leurs
œuvres. Leur livre est en somme un nouveau Vasari, moins coloré, moins piquant,
moins pittoresque peut-être que le premier, mais à coup sûr plus exact, plus complet,
plus sérieux, et que les curieux et les artistes doivent encore apprécier grandement
pour sa méthode excellente et sa parfaite distribution du travail.

Passons la mer et même les sierras de l'Espagne pour descendre en Portugal et
reportons-nous par la pensée au temps du roi Emmanuel, alors que les trésors des
Indes avaient fait de ce royaume une. vraie terre promise que les Flamands exploitè-
rent tant comme marchands que comme artistes, et où, comme tels, ils ont laissé de
si précieuses traces de leur passage. Mais s'il est curieux de retrouver si loin les
œuvres exécutées par des étrangers, il ne l'est pas moins de découvrir celles des élèves
indigènes qu'ils formèrent et qu'un connaisseur érudit classe comme suit sous le titre
d'École de Yiseu :

1° L'auteur encore anonyme des quatorze tableaux de la maison du chapitre à
Yiseu (1500-20).

1. The Early Flemish Painters, by J. A. Crowe and G. B. Cavalcaselle. London, John Murray, 1857.

2. A new history of painting in Italy from the second to the sixleenth century, by J. A. Crowe and
G. B. Cavalcaselle. London, John Murray.
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