Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 24.1868

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THORVALDSEN 1

ET

GANOVA

Ce n'est pas sans raison que les
moralistes grecs associaient le culte
du beau à l'enseignement des rè-
gles de la sagesse, et que le plus
sage des hommes, Socrate, se trouve
être en même temps le plus ardent
admirateur de la beauté. Ils obéis-
saient à un instinct supérieur que
Dieu a mis en l'homme pour l'aider
à discerner, par des signes maté-
riels, le degré de valeur morale de
ses semblables. Dans l'être primitif,
le beau et le bon se confondent ab-
solument; dans l'être dépravé, à mesure que le bon s'altère, le caractère
de la beauté originelle se dénature. L'expression farouche de la physio-
nomie, la dureté du regard, la contraction de la bouche, le plissement
du front, l'agitation convulsive de la face, tout ce qui amène ou constate
la laideur du visage; la débilité des membres, l'absence d'harmonie
dans leurs proportions, l'attitude disgracieuse du corps, la flaccidité des
chairs, le relâchement et le ton mat de la peau, sont le résultat, ou
des sombres agitations d'une âme malade, ou des vices d'une existence
déréglée. C'est à la condition d'être tempérant et actif qu'il aura la force,
apanage de la beauté. La tempérance, sans laquelle il ne peut y avoir

4. Thorvaldseri, sa Vie et son Œuvre, par Eugène Pion; avec 37 dessins et
gravures de Gaillard, ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome, <1 vol.
gr. in-8. — Il y a eu cent exemplaires tirés sur grand papier, avec des gravures à part
et sur chine, numérotés.
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