Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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Préface au Lecteur.
justement ces parolles, inopem me copia fecit. Le Père Jean Grubere insigne Ma-
thématicien estant sur le point de s'en aller dans la Chine l'an i6$6, me pro-
mit, ensuitte delà prière que je luy avois faite, d'estre soigneux d'obsèrver tout
ce qu'il verroit, jusques aux moindres chosès qui pouvoient servir à la Geogra-
fie, ce qu'il a fait avec tant de fidélité, qu'il n'est pas possible de le croire. Le
dit Pere partit la mesme année que je vous ay desja dit de Rome , & par-
courût en continuant sa route toute la Natolie , tArménie , la serfe ,les Royau-
mes d'Ormuz^ , de Cambaye , les Indes, & enfin tous les Estats qui sont arrou-
sés de l'Occean, jusques à ce qu'il vint heureusement à Macao, qui est le pre-
mier port de la Chine, d'où il sortit quelque temps après avoir remis sès for-
ces perdues pour continuer son chemin vers 'Pékin Ville capitalle du vaste En>
pire Chinois, où il n'arriva qu'après avoir veu tout ce grand Estat d'un
bout jusques à l'autre, & qu'ensuitte de l'advantage qu'il eust de visiter tou-
tes les principales Villes qui y sont. Estant donc heureusement entré dans
Fekin , qui est le sejour ordinaire du Monarque des Tartares & des Chinois,
il y resta deux ans pandant lesquels il ne perdit jamais pas une occasion de^
voir ce qu'il y avoit de plus remarcable. Ce temps expiré, les superieurs de
la Province de la Chine luy firent commendement de s'en venir a Isame avec
le Pere Albert Dorville ; voyla pourquoy s'estant mis tous deux en che-
min , ils entreprindrent de tenir une route que jamais pas un Européen n'a.
voit tenue, & qui en traversant toute l'Aile, d'un bout jusques à l'autre, des-
couvrirent des merveilles, dont ou n'avoit jamais entendu parler. Mais il ar-
riva que Dieu voulût que le Pere Albert Dorville fatigué d'un si long voya-
ge, vint à mourir à Agra, qui est la Ville capitalle du Royaume de Mogor,
ce qui obligea le Pere Jean Grubere de prendre pour compagnon de les tra-
vaux le Pere Henry Roth , homme (âge & prudant residant à ysgra , pour
le bien de la Religion Chrestienne, lequel posièdoit très - parfaittement les
trois langues qui suivent , sçavoir la Persienne, celle d'indostan, & la Brag-
manique. Ces deux personnes disje qui demeurent avec que moy tandis que
j'escris ce-cy, ne manquent point de me communiquer tout ce qu'ils sça-
vent de plus advantageux pour la gloire du S. nom de Dieu, & le bien pu-
blic : ainsy comme ils ont veu beaucoup de choses très-rares & tres-curieu-
sesà sçavoir dans la suitte de leurs grands voyages, qu'ils ne peuvent pas
mettre au jour (leur zele ne leur permettant pas de s'occuper à d'autres
employs qu'à sàuver les ames) ils m'ont prié de ne souffrir pas que les
teignes & les versrongeassènt leurs efcrits dans le recoin d'une Bibliothè-
que , & de les donner au public par un beau volume comme je fais : a-
fin de {ervir à tous les sçavants & aux curieux. M'estant donc acqui-
té de la promesse que je leur avois faite, j'ay cru que je devois me fervir d'u-
ne belle méthode pour donner plus d'esclat à mon livre ; c'est pourquoy,
j'ay divisé mon ouvrage en six parties, la première desquelles traitte de
l'augu-
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