Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

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La Chine ïllust r

e e

» ï Empire de délai grand Empereur des
o) Tartans) se mit en estat d'exécuter (es
?j desseins ; Voyla pourquoy , il acheta
5i d'un certain Roy quatre Cent mille
» Combatans, pour faire la guerre à Cu-
v bla't, lequel làns attendre que ion enne-
j? my se fortisfiat d'avantage , luy donna
)•> bataille avec des forces elgalles dans une
» vaste campagne, où l'ayant surpris com-
» me à T improviste, le vainquit, & tail-
j> la son armée en pièces ; de façon que
v tlayan fe vit entièrement defFait avec Ces
» troupes dans cette journée. Il arriva en-
3; suite, que parceque ce Najam, qui estoit
» Chrestien, comme j'ay des; a dit (rans
5; pourtant vivre comme il esfoit obligé,
?> sélon sa profession, & sa Loy) avoit mis
pj une Croix sur son principal estendart,
v pour faire voir sa Religion, pour faire
v triompher le Christianisme,&pouratti-
}•> rer par ce moyen (comme il fit) un grand
?) nombre de personnes illustres, qui pro-
3>feûoientle Christianisme avec luy ; de-
■>> sorte qu'ils s estoient mis de son party 3
71 croyant faire régner Je/us Cbrisl par son
» moyen, s'il venoit à remporter uneglo-
rieuse victoire sur Câblai, dont Dieu prit
3? le parti; puisqu'il permit, quecelegiti-
» me Souverain & ce véritable Roy mit
» en fuite celuy qui pretendoit luy usur-
5' per sonEstat,& le priver injustement de
5? son Empire. Il arriva cepandant, que
5> les Iuifs, & les Sarrasins commencèrent
i~> à blasphemer contre lefusÇbrifl, dépuis
3? la desroute des troupes qui comba-
v toient sous l'estandart de la Croix, &

sous la conduitte de ISLaiam, disant que le cî
Sauveur & le Dieu des Chresticns e-tC
stoit trop foible, Se trop impuiiïànt,"
pour pouvoir resister à la force & au u
pouvoir de Cublai. Cette injure choqua tÉ
si vivement les Chresticns, qu'ils en por- "
terent leurs renentiments & en firent "
leurs plaintes à l'Empereur, lequel as- *
sembla dabortle Iuifs, les Sarrazjns, Se K
les Ohrestiens, & leur tint ce dhcours. " Le tdP
TsLojle Dieu, & fa Croix ri a pas Voulu af- " gn°age
(îfter n Si donner de fecours à Naiam ,• ce II u <]ue<
JJ J Js J donne
pourquoy ne rougisjes pas d Iwres en avant ; a Cublai
Parceque Dieu, qui efi bon &jujle, riefi
jamais le Protetleur des caufes injusles, & ne " & de ,a
doit pas par confequent Vouloir dejsendre Ïi-Cc
niquité. Naiam à esté traître àJon Maiflre,Cc
& a fouflevé Jes Peuples contre leur légitimecc
Souverain ; Voyla la raifon qui a obligé Vo-cc
îlre Dieu (quoyqu'il eufl imploré fon afsii- u
fiance, & fa faVeurjde ne pas Vouloir favori- "
fer fa malice: mais comme un Dieu bon, @cc
jufte l'a laifé, & n'a pas daigné le fecourir.t£
Cefl pourquoy, ileîi dejsendu aux Juiss, & «
aux Sarrasins qui font ennemis de ce nom £t
de Çbrisiien, de ne blafphemer jamais plus<c
contre Je fus Qhrisi , qui esi leur Dieu, ny "
d'ofer proférer, de fi atroces injures contre la u
Croix ; Enfuitte de quoy le jtlence leur fut «
imposé: Voyla ce que dit Marc. PaulVe* «
netien. On peut bien juger sacilement <c
que la Religion Chrestienne a beau- «
coup sseuri danscesRegions,parceque cc
nous venons dédire, & par ce que nous «
allons traiter plus au long dans la suitte «
de ce disoours.

us

Chap.
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