Kircher, Athanasius ; Alquié, François Savinien d' [Transl.]
La Chine d'Athanase Kirchere: illustrée de plusieurs monuments tant sacrés que profanes, et de quantité de recherchés de la nature & de l'art — Amsterdam, 1670

Page: 311
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/kircher1670/0368
License: Public Domain Mark Use / Order

0.5
1 cm
facsimile
D'A THANASE KlRCHERE.

311

H A

p. IV.

i
»t dix

croix

es les

La différence quil y a entre les carahleres des Chinois , &" les
hyeroglifes des Egiptiens.


|Ous avons dit cy defîùs qu'il
y avoit beaucoup d'apparence
'que les enfans de Qham, ayant
conduit des colonies dans les extrémi-
tés de la Chine , ils y avoient introduit
aussi les lettres & les caractères non pas
à la vérité avec toutes les significations
& les misteres dont estoient ornés les
hyeroglifes des Egiptïms, mais tout au-
tant qu'il estoit necessàire pour expli-
quer sa pansée, 8c donner à connoistre
sès conceptions & ses sentimens ; quoy-
que grossierement. Je remarque que
la croix est en très-grande estime par-
my les Chinois ^ aussi bien qu'encienne-
ment parmy les Egiptiens ; puisqu'ils se
servent dans beaucoup de rencontres
de la croix telle que vous la voyés dans
la figure O. laquelle lignisie la mesrne

un caractère qui lignisiera Roy sl on
joint une autre ligne semblable à cel-
le qu'on voit à L. on saira une lettre

Une pierre pre-
cieuse j>«

10 Dix

xe

H-

chosè que parmy les Egiptiens, sçavoir
le nombre de dix qui est le symbole
de la persection. Si on joint une ligne
à celle-cy, comme on voit en PN. on
sormera une lettre qui signisie la terre.

La Terre



Le Roy ukm M

31

Si on met une ligne superieure qui es
galle celle qui est au bas du caractè-
re comme on voit à l'M. on formera

qui voudra dire pierre precieusè. Ces
trois caractères, comme ils sont par-
faits en quelque façon dans leur genre,
aussi sont-ils faits en forme de croix.
Quoyquil fôit vray que cette na-
tion se (oit lervie des animaux, & de
tout ce qui leur a paru commode
pour expliquer leurs concepts & ma-
nifcster leurs sentimens,comme ont sait
lesEgiptiens, sî est ce pourtant qu'ils
n'ont pas fort convenu dans leurs sor-
mes d'eserire , au contraire ils ont e-
sté fort différents en leurs méthodes :
car les Egiptiens ne se sèrvoient ja-
mais de hyeroglifes dans leurs diseours
familiers, ny dans leurs conventions;
pareequ'il n'estoit pas permis à un
chaseun de les apprendre, & il ny a-
voit que ceux à qui la loy, & les pri-
vilèges politiques leur en donnoient le
pouvoir ; desorte qu'il ne salloit pas
attendre que pas un de ces docteurs
parlât themerairement, ou fe servit mal
à propos de ces sigures des animaux :
il eft vray que par leurs opérations &
leurs vertus feerctes, ils saifoient voir
leurs mifteres comme nous avons des-
ja dit dans noftre ouvrage de ÏOedipt
Egiptien. Au refte les lettres hyero- La disse-
gliphiques nettoient pas des simples ^J^jjJ1
mots puisqu'ils exprimoient des idéesles eara-
generales & des concepts entiers ; de- lÏJSrS
sorte que voyant un limaçon on ne lechinoifes
prend pas feulement pour un animal
ou
loading ...