La chronique des arts et de la curiosité — 1910

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LA CHRONIQUE DES ARTS

ductions) ; — de M. G. Moore sur Ingres et Corot
(4 reproductions d'œuvres de ce dernier).

(N° 12). — Etudes du sculpteur A. Hildebrand
sur la sculpture sur pierre ; — de M. A. Wœlfflin
sur La Fausse culture en matière d’histoire de
l'art.

BIBLIOGRAPHIE

Les Néerlandais en Bourgogne, par Alphonse

Germain. Bruxelles, G. van Oest, 1909. Un vol.

petit in-8° de 128 p. av. pl. (Coll, des Grands

Artistes des Pays-Bas.)

Cet ouvrage est le fruit de séjours répétés dans
la région bourguignonne. M. Alphonse Germain,
avec son habituelle conscience, a non seulement
visité les musées et les grandes églises conte-
nant des œuvres types et classées, mais il
a aussi fouillé nombre de petils coins du Mor-
van et du Maçonnais. U a ainsi accumulé des
renseignements qui rendront la consultation de
son ouvrage indispensable à tous ceux qui vou-
dront étudier sur place l’art bourguignon.

M. Alphonse Germain s’est attaché à l’une des
questions les plus passionnantes de l’histoire de
l’art français : la pénétration des peintres et sculp-
teurs néerlandais dans la province de Bourgogne
dont les artistes eurent de tout temps cette préoc-
cupation : « Tailler des personnages avec vigueur
et en toute franchise, leur faire jouer un rôle, les
rendre à la fois expressifs et vivants, marquer in-
tensivement leur personnalité. » Et cette concep-
tion de l’art est si bien dans le caractère de la pro-
vince, que les artistes néerlandais appelés par les
ducs, tout en apportant des qualités nouvelles ré-
sultat d’une éducation artistique plus fine et plus
émancipée, la feront leur en des œuvres qui abou-
tiront aux célèbres Prophètes de la Chartreuse de
Ghampmol, près de Dijon.

M. Alphonse Germain, naturellement, a consacré
de belles pages à Glaus Sluter.

L’influence néerlandaise s’étant surtout mani-
festée dans la sculpture et ayant produit là des
œuvres de premier ordre, les peintres nordiques
appelés en Bourgogne par les ducs, ou simplement
occupés par eux, prennent dans le présent volume
une place réduite quoique intéressante.

Mais, quelque puissantes que soient les impres-
sions de M. Germain devant tels chefs-d’œuvre
néerlandais ou purement bourguignons', il garde
son sang-froid d’esthéticien. Il regrette, par exem-
ple, chez Glaus Sluter, des proportions « trop ra-
massées », chez tel autre des trivialités d’expres-
sion et de visage, des vêtements aux plis peu heu-
reux. Pris par l’ensemble, impressionnés par la puis-
sante vitalité' de l’art bourguignon, beaucoup n’au-
raientpoint senti ces défaillances ou auraient reculé
devant un tel aveu. A ceux-là M. Germain paraîtra
sévère.

L’illustration est des plus heureuses. Au lieu
de donner exclusivement des œuvres fort caracté-
ristiques mais très connues, l’auteur a fait choix,
en sculpture comme en peinture, de morceaux
caractéristiques, dont certains', les fresques de
Notre-Dame de Dijon, de Notre Dame de Beaune
et de Chambolle-Musigny, par exemple ne se trou-
vaient pas jusqu’ici reproduits dans des manuels
accessibles à tous.

Charles Saunier.

Tapisseries des Musées royaux de Bruxelles.

Bruxelles, Vromant. Un volume in-8° carré,

40 pages de texte et 50 planches en pliototypie.

G’est un livre de vulgarisation qui groupe cin-
quante des chefs-d’œuvre de tapisserie consacrés
aux musées royaux du Cinquantenaire; malgré le
format, les. images restent lisibles, claires, d’une
bonne venue. Une introduction historique qui a
pour auteurs MM. J. Destrée et P. van den Yen
apporte les explications utiles sur les pièces re-
produites. Il serait désirable que ce volume initial
trouvât son complément dans des séries subsé-
quentes consacrées à ces arts du feu, du bois, du
métal, si bien représentés dans le même palais.

NECROLOGIE

Le peintre militaire Etienne Berne-Bellecour
est mort mardi dernier, 29 novembre. Il était né à
Boulogne-sur-Mer en 1838. Il étudia la peinture
sous la direction de Picot et Barri as, mais échoua
au concours du prix de Piome. Il peignit d’aboi’d
des paysages et débuta, au Salon de 1861, par un
Souvenir de Normandie. En 1870, il s'engagea
dans un corps de francs-tireurs et sa conduite lui
valut la médaille militaire. Les souvenirs de la
guerre et du siège le conduisirent à se spécialiser
dans la peinture de scènes militaires. Il exposa au
Salon de 18721e tableau Le Coup de canon, qui le
rendit célèbre. Il donna ensuite : Le Jour des
fermages ( 1873); Un matin d'été (1874) ; Les Ti-
railleurs de la Seine au combat de la Malmaison ,
(1875) ; La Desserte (1876) ; Dans la tranchée
(1877) ; Un Poste avancé et En tirailleurs (1878).
La même année, il envoyait à l’Exposition Univer-
selle Désarçonné et Un Officier de Mobiles. Il
obtint une médaille de 3e classe et fut fait chevalier
de la Légion d’honneur. Citons encore : Sur le
terrain (Salon de 1879) ; un grand panorama pour
la ville de Marseille, en 1881, représentant Le Siège
de Belfort ; Embarquement de cuirassiers (1882) ;
Le Prisonnier ; Attaque dru château de Montbé-
liard ; Un point stratégique (Salon triennal de
1883) ; Un débarquement de marins (Salon de
1885) ; l'Abdication de Napoléon 1°T à Fontaine-
bleau (1887), etc.

11 avait oblenu une médaille en 1869, une autre
de lre classe en 1872, une de bronze à l’Exposition
Universelle de 1878, d’argent à celle de 1889, une
de bronze à celle de 1900.

L’éditeur d’art A. Calavas, auquel on doit de
nombreux albums de documents artistiques, est
mort à Paris la semaine dernière.

Un des plus grands artistes des Etats-Unis, le
peintre John La Farge, vient de mourir dans la
ville de Providence. Né le 31 mars 1835 à New-
York, il était le fils d'un officier de marine fran-
çais qui, par son mariage avec MIIe de Saint-
Victor, parente du célèbre écrivain Paul de Saint-
Victor, s’était allié à la famille de Benjamin
Franklin. En 1856, le jeune artiste vint en France,
où il se lia avec Charles Blanc et Théophile Gau-
tier et passa quelques semaines dans l’atelier de
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