Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 31.1885

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CORRESPONDANCE D’ANGLETERRE

L’acquisition par la Galerie nationale
des deux tableaux les plus importants de la
collection de Blenheim, la célèbre Madone
Ansideï, de Raphaël, et le grand Portrait
équestre du roi Charles PT, de Van Dyck, con-
tinue à occuper beaucoup le public, dont l'in-
térêt est au moins autant éveillé, il faut en
convenir, par les prix inouïs qui ont été indi-
qués — c’est-à-dire 1,750,000 francs pour le
Raphaël, et 437,500 francs pour le Van Dyck
— que par la renommée et la valeur artistique
de ces œuvres célèbres. Il manque encore à
l’arrangement projeté l’assentiment de la
Chambre des communes, mais on espère que,
malgré l’importance des chiffres, il ne se pro-
duira pas d’opposition sérieuse. Il serait vrai-
ment regrettable qu’on permît que ce joyau
sans prix qui s’appelle la Madone Ansideï nous
fût enlevé pour trôner au premier rang dans
la galerie de Berlin, ou dans quelque collec-
tion privée de financier richissime, où il ris-
querait d’être encore une fois enseveli et perdu
pour le public. Si le prix indiqué était exor-
bitant, l’occasion était unique ; c’est la seule
qu’on aura jamais d’augmenter d’une œuvre d'une pareille importance la série
un peu restreinte des Raphaël de la Galerie nationale. Aucune œuvre du maître
existant dans une collection privée n’a ni les dimensions ni l’histoire sans lacunes,
(au point de vue de la qualité et de la conservation parfaite, nous ne voyons que
la Vierge d’Orléans, à Chantilly, qui puisse lui être comparée) du grand panneau
de Blenheim. Nous ne perdons pas de vue, cependant, les beaux et indiscutables
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