L' art: revue hebdomadaire illustrée — 9.1883 (Teil 4)

Seite: 3
DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1883_4/0013
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
LE BUSTE DE CIRE DU MUSEE WICAR

ET LE CADAVRE DE JEUNE FILLE DÉCOUVERT A ROME EN 1485

Au moyen âge, la Ville éternelle était, au point de vue de la civilisation, de
plusieurs siècles en retard sur Florence. Dans une lettre adressée de Rome, le
22 mars 1443, à Jean de Médicis, Alberto degli Alberti compare le peuple de Rome
à un peuple de. vachers. Vespasiano de' Bisticci se sert de la même comparaison,
dans le 21e chapitre de sa biographie d'Eugène IV. La Renaissance ne fit son entrée
triomphale à Rome que sous Nicolas V. Ici également les promoteurs du mouvement
se proposèrent d'atteindre un double but : ils voulaient, d une part, garder intact le
souvenir des siècles héroïques 'de Rome, et, de l'autre, encourager l'art moderne,
pour fonder d'une manière durable dans l'avenir leur gloire personnelle. Il en
résultait parfois, il est vrai (et ce fait se produisit déjà sous Nicolas V), une sorte
de lutte entre l'enthousiasme pour les restes de l'antiquité et l'ardent désir de
produire des œuvres d'art nouvelles. Pie II, s'adressant aux vandales de son époque,
s'écrie : « Imitez les derniers vestiges de l'antiquité, car ce sont des monuments
de la vaillance des anciens, des aiguillons de leurs vertus; conservez-les comme
un témoignage éloquent de la fragilité des choses humaines1. » La passion des
manuscrits et des œuvres d'art se développa dès lors dans de vastes proportions.
A la tête des novateurs brillait l'Académie de Pomponius Lœtus ; elle avait heureu-
sement survécu à l'orage qui s'était déchaîné contre elle sous Paul II, et elle compta
dans la personne de Sixte IV un Mécène et un ami. Elle affectionnait tout ensemble
les distractions et l'étude, on la voyait à la fois rêver et scruter : le Romain, sujet
du souverain pontife, se considérait volontiers comme un Quirite qui sacrifiait aux
anciennes divinités détrônées. Cette Académie alla jusqu'à célébrer des cérémonies
païennes dans les catacombes chrétiennes. On s'efforça de communiquer également
à la foule cet enthousiasme pour l'antiquité classique et de vivifier en elle le souvenir
de sa haute origine. Dès 1483, le peuple de Rome vit célébrer solennellement la

Voyez la bulle de Pie II, dans les Arts à la cour des Papes, par E. Mûntz, tome Ie', page 352.

Encadrement composé et dessiné pour ii l'Art ■ par John Watkins.
loading ...