L' art: revue hebdomadaire illustrée — 8.1882 (Teil 4)

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LES MAJOLIQUES ITALIENNES EN

ITALIE1

SUITE

VENISE (Fin.)

Si ce pavage n’est pas signé, il porte un monogramme. Au
milieu d’un octogone est tracé en capitales romaines un chiffre
composé des lettres V, T, B, L, Q. Il est à remarquer que

Carreau de pavage
de la chapelle de l’Annunziata, à San Petronio.

plusieurs pièces attribuées à un atelier de Faenza portent un
monogramme composé des deux lettres T et B conjuguées1 2.
Il n’y aurait rien d’invraisemblable à ce que ces carreaux pro-
vinssent de la meme fabrique. Un autre monogramme est
composé des lettres T, G, A et ü. Ce sont autant de rébus
dont il est inutile de chercher à deviner le sens, non plus que
des arabesques qui sont tracées sur les banderoles qui déco-

Détail du pavage

de la chapelle de l'Annunziata, à San Petronio.

rent plusieurs carreaux. Quant à la date i5io, elle est tracée
dans des cartouches sur deux carreaux différents. Est-il utile
d’entrer dans une description complète de ce pavage? Nous ne
le croyons pas. Il nous suffira de dire que rien n’offre une
suite d’images plus variées; du lion à l’escargot tout le règne
animal a fourni son contingent, sans en oublier l’âne et le
chameau ; les objets les plus usuels y ont été représentés avec

autant de fidélité que les animaux; des vases, des pupitres, des
livres, des lunettes, des trophées d’armes se coudoient avec
des cœurs enflammés, des amours ou des satyres. C’est là un
véritable enseignement par les yeux. Quant aux couleurs
employées, elles sont fort peu nombreuses : le bleu pour le
trait et le modelé, l’ocre, le vert clair et le jaune font tous les
frais de cette ornementation. Pris pièce à pièce, ce pavage
offre des assemblages de couleurs plus inattendus qu’harmo-
nieux, mais l’aspect en est tout différent si on le voit en
place; tous les tons, tous les détails prennent alors leur véri-

Détail du pavage

de la chapelle de l’Annunziata, à San Petronio.

table valeur, et ce qui avait choqué au premier abord forme
alors le plus riche tapis que l’on puisse rêver. Ajoutons que
pour être traité sommairement le dessin n’en est pas moins
très habile; nous n’en voulons pour exemple que ces superbes
mascarons terminés en feuilles largement découpées, ces
profils enlevés d’un coup de pinceau. Certes on y trouve les
traces d’une singulière entente de la décoration, et celui qui
a conçu et exécuté ce pavage peut être regardé non comme un
simple potier, mais comme un véritable artiste.

BOLOGNE

Le musée de l’université de Bologne possède une intéres-
sante série de majoliques ; les écoles de Faenza, de Gubbio
et d’autres encore y sont représentées par des pièces fort inté-
ressantes ; mais presque toutes ces pièces ont le défaut d’être
très connues ; la plupart ont été décrites par M. Fortnum dans
son catalogue du South Kensington Muséum et de son côté
M. Frati, directeur du musée, en prépare un catalogue qui
verra le jour d’ici à peu; ce n’est donc pas en étudiant les
pièces de cette collection qu’on peut espérer trouver quelques
documents nouveaux. Nous nous proposons toutefois de parler
de deux ou trois pièces particulièrement intéressantes. Mais
auparavant nous allons étudier deux pavages en- majoliques
qui se trouvent à Bologne, l’un à San Petronio, l’autre à San
Giacomo Maggiore ; le premier a fourni à M. Frati le sujet
d’une intéressante monographie3; le second signalé depuis
longtemps n’a pas été suffisamment étudié; tous deux sont très
imparfaitement connus en France et même en Italie, M. Frati
ayant négligé de joindre à son texte quelques planches qui

1. Voir l’Art, 8* année, tome III, page xoo, et tome IV, pages 58, 79, 99 et i38.

2. Fortnum, Catalogue, pages 497-499.

3. Luigi Frati, Di un pavimento in maiolica nella basilica Petroniana alla cappella di S. Sebastiano. Bologna, t” édition, 1853 ; 2« édition, 1879, in-8»

Tome XXXI.

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