Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 9.1874

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LES ENFANTS DE CHARLES Ier

PAR VAN DYCK

ans la série des portraits de Van Dyck que possèdent
les galeries publiques de l’Europe et les collections
privées de l’Angleterre, les plus intéressants sont
peut-être ceux qui se rattachent à la famille du mal-
heureux Charles Ipr, parce qu’ils joignent à leur qua-
lité de chef-d’œuvre de l’art celle d’un souvenir his-
torique et touchant. Le roi Charles Ie1' avait pour son peintre une affection
réelle. Il le nomma chevalier, lui donna une forte pension, et lui assigna
un appartement pour l’hiver et une résidence champêtre pour l’été. Le
roi allait souvent visiter Van Dyck afin de le voir travailler et d’oublier
dans sa conversation les graves soucis de la politique. Malgré la déplo-
rable situation des affaires au moment où Van Dyck mourut, il avait
promis à son médecin 300 livres s’il parvenait à le guérir. Van Dyck
avait assisté au déclin du pouvoir royal, et s’il n’a pas vu la catastrophe
linale, il a pu la prévoir. Il était encore vivant lorsque lord Straflord
porta sa tète sur l’échafaud, lorsque la reine Henriette chercha un refuge
en France, quand le roi enfin était en fuite et tous ses partisans dis-

persés.

Tous les membres de la famille royale ont posé tour à tour devant le
grand peintre flamand. Le Louvre possède un admirable portrait de
Charles Ier, et celui du château de Windsor, qui représente le roi à cheval,
n’est pas moins beau. C’est dans la galerie royale d’Angleterre que se
trouve le portrait des enfants de Charles Ier, dont le Louvre possède une
charmante esquisse que nous avons fait graver. Le jeune prince de Galles
(depuis Charles II) donne la main au duc d’York (depuis Jacques II), et
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