Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 9.1874

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LA

CHAPELLE DU PALAIS RICCARDI

e palais Riccarcli à Florence, ou logè-
rent Léon X, Charles VIII, Charles-Quint
et Lien d’autres personnages illustres,
eut pour architecte Michelozzo qui l’é-
leva pour Cosme de Médicis. Filippo
Brunelleschi avait fait également un pro-
jet, « mais, dit Vasari, son projet parut
trop somptueux et trop vaste à Cosme,
qui craignait d’exciter l’envie de ses
concitoyens ». En 1659, le palais fut
acquis par Gabriel Riccardi, dont il a
depuis porté le nom.

L’emploi des bossages donne au palais cette apparence de solidité un
peu massive qu’on trouve également au palais Pitti et qui est un des
caractères de l’architecture florentine au xvie siècle. Les richesses que
renferme le palais Riccardi ont de tout temps fixé l’attention des savants
et des artistes. La bibliothèque, très-considérable, possède, entre autres
richesses, le manuscrit autographe de Y Histoire de Florence, par Machia-
vel, une défense de Savonarole, par Pic de la Mirandole, le testament de
Filippo Strozzi qui se tua lui-même en prison, priant Dieu de le mettre
dans le lieu où est Caton, des diptyques fort curieux du temps de Justi-
nien, etc. Luca Giordano en a décoré les plafonds avec ce talent aimable
et facile qui charme la vue par l’habileté de la touche et l’entente du
décor.

Ce n’est pas là pourtant que s’arrêtent ceux qui demandent à l’art
une pensée plutôt qu’une sensation, et qui aiment à rêver devant une
peinture. Ceux-là vont à la chapelle voir les fresques de Benozzo Gozzoli,
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