Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 9.1874

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DE QUELQUES ESTAMPES SATIRIQUES

POUR ET CONTRE LA RÉFORME1

IV.

ien avant Luther, bien avant les réforma-
teurs qui lui préparèrent la voie, on entend
en France de vives plaintes contre la pa-
pauté, non pas empreintes de colères et
de tempêtes comme en Allemagne, mais
qui, dans leur accablement, offrent un cer-
tain lyrisme.

I

Ha! Rome, Rome,

Encore ociras-tu maint home!

s’écrie le moine Guy on de Provins. Et
ailleurs, dans un vers imprégné de tristesse :

Rome nos suce et nos englot.

Le moine gallican, dont quelques aspirations semblent appartenir à
l’époque actuelle, souhaitait que les dons des particuliers, au lieu de
s’amasser dans les coffres du clergé, fussent employés à construire des
ponts, des routes et des hôpitaux.

Au commencement du xme siècle, le troubadour Guillaume Figuéras,
de Toulouse, se révolte contre les massacres de Béziers et s’en prend à la
papauté :

« O Rome, telle est la grandeur de votre crime que vous méprisez et
Dieu et les saints.

« Rome fourbe et trompeuse, vous gouvernez si injustement qu’au-
près de vous se cachent toute ruse, toute mauvaise foi. 1

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 2e période, t. VIII, p. 401.
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