Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 9.1874

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PAUL BAUDRY

n grand événement artistique est à
la veille de se produire. La décora-
tion que M. Paul Baudry vient d’exé-
cuter pour le foyer du grand Opéra
constituera une date dans l’histoire
de l’école française. La Gazelle clés
Beaux-Arts devait, avant l’exposi-
tion qui doit avoir lieu prochaine-
ment, faire part au public d’un
ensemble de travaux qui représente
assurément le plus grand effort de
l’art contemporain, et qui, s’il est bien compris, peut avoir pour résultat
de changer la direction du goût public en lui ouvrant des horizons
nouveaux.

Si le grand art n’apparaît qu’à certaines époques privilégiées, il ne
faut pas en accuser exclusivement l’insuffisance des artistes, qui ne
trouvent pas toujours l’occasion de porter leurs efforts du côté où seraient
leurs aptitudes. Aussi devons-nous tout d’abord remercier M. Garnier
pour la part qu’il a faite à la peinture dans son monument et pour la
manière dont il a compris le rôle quelle doit avoir dans l’architecture.
Il a dû, avant de prendre résolûment son parti, se heurter contre bien
des influences, froisser bien des amours-propres, écarter bien des solli-
citations. S’il avait morcelé l’immense travail du foyer de l’Opéra,
comme on le fait trop souvent dans la décoration de nos édifices, il se
serait peut-être fait quelques amis de plus, mais au détriment de l’art
qui veut avant tout l’unité. En confiant à un seul artiste cette gigan-
tesque tâche, l’architecte a montré une haute intelligence de la situation,
et en choisissant M. Paul Baudry, il a fait preuve d’un tact bien remar-
quable, car si les travaux antérieurs du jeune peintre lui avaient assuré
déjà un rang éminent parmi ses confrères, il était difficile de prévoir
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