L' art: revue hebdomadaire illustrée — 6.1880 (Teil 1)

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Frise composée et gravée par P. A. Ducerceau.

LES INDUSTRIES DU VERRE

A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878

ntre toutes les transformations de la matière dont l'Exposition
a offert à nos études le merveilleux spectacle, il en est peu qui
nous présentaient plus d'intérêt que celles désignées sous ce titre :
Les Industries du Verre. Cette substance, dont on admire autant
l'éclat que l'on en redoute la fragilité ; qu'un enfant peut briser en
la touchant du doigt, et que parfois les siècles respectent; à
laquelle le feu semble donner quelque chose de l'incorruptibilité
éternelle qu'il communique à toutes les œuvres pour lesquelles il a
été le collaborateur de l'homme — et qui n'ont pas péri dans son
étreinte ; — cette matière brillante et pure, que rien ne saurait
remplacer dans les usages multiples auxquels nous la plions, reçoit des mains habiles qui la
façonnent les applications les plus diverses, et, grâce à l'émail, qui se combine si heureusement
avec elle, devient la décoration la plus aimable et la plus gaie de nos demeures.

Dans ces rapides études, nous allons examiner les divers aspects sous lesquels le verre se
montre à nous. Tantôt, sous le nom de vitrail, il nous défend contre l'intempérie des saisons
changeantes, tout en offrant à nos regards un ensemble de colorations qui les réjouit. Tantôt, sous
l'action de rétamage, il se change en glace limpide, et reproduit l'image des choses avec une
fidélité qui rend jalouse la réalité même. D'autres fois, la fusion et le soufflage le convertissent en
coupes et en flacons, sur lesquels l'émail dépose le prestige étincelant de ses couleurs; parfois une
taille savante le façonne en pendeloques et en prismes, et il avive et multiplie les feux des
girandoles et des lustres, fugitives constellations de nos nuits de fêtes.

Nous tâcherons de le suivre dans ses divers états, et de montrer tous les services qu'il
nous rend, soit que nous nous contentions de le savoir utile, ou que nous lui demandions encore
d'être beau.

I

Poussé , très loin autrefois, tombé plus tard dans un abandon aussi fâcheux qu'injustifiable,
l'art du vitrail, mélange singulier de naturel et de convention, est aujourd'hui l'objet d'études
profondes, et les souvenirs de l'Exposition nous donnent le droit d'espérer que nous assisterons
bientôt à sa complète renaissance. Ici encore la chimie joue un rôle d'une importance capitale,
en donnant aux peintres-verriers une palette d'une richesse incomparable, et grâce à laquelle ils
peuvent obtenir les effets de coloration les plus puissants et les plus variés. Puissent-ils
maintenant ne pas oublier que la peinture sur verre étant un art essentiellement monumental,
la première condition à laquelle il faut que le vitrail se soumette, c'est d'être en parfaite
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