L' art: revue hebdomadaire illustrée — 6.1880 (Teil 1)

Page: 158
DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1880_1/0171
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
— Gardien?... Eh! gardien?...

— Pouh!...

Il dort. Hier lundi était jour de frottage ; le brave homme
est fatigué, et il y aurait cruauté à le tirer de son sommeil
pour lui demander quelques notes sur son personnel féminin.

J'ai besoin pour cette physiologie des copistes, vieilles et
jeunes, de matériaux, de renseignements. A première vue,
l'observateur peut, il est vrai, porter un jugement sur le physique
et le talent du sujet; mais le côté intime lui échappe forcément,
et c'est celui-là qui est le plus intéressant pour le
lecteur.

Un Asmodée quelconque me serait d'une grande
utilité.

J'en étais là de mes réflexions, lorsque le Diable
boiteux évoqué se présenta à moi sous la forme
d'un vieux rapin de ma connaissance à qui ma
critique avait toujours rendu justice en déclarant
infects ses meilleurs produits.

— Tiens, c'est vous, parrain, me dit-il. Par quel
hasard ?

J'ouvre une parenthèse pour apprendre au monde artiste l'origine de cette parenté de
fantaisie.

Un an ou deux après la guerre, un groupe de peintres libres, trop libres ! organisèrent une
exposition dans les salons de Nadar, boulevard des Capucines. A chaque page du livret on lisait :
Vue du port du Havre ; Impression du matin. — Vue de ceci ; Impression du soir. — Vue de
cela; Impression de brouillard. Il y en avait tant, que j'intitulai mon compte rendu charivarique :

EXPOSITION DES IMPRESSIONNISTES.

Le mot ayant fait fortune depuis, je ne suis pas fâché [d'en réclamer la propriété. — Un
mot, me direz-vous, ce n'est guère. — Que de gens n'en laisseront pas autant après eux !

Jean Potet, impressionniste à tous crins, était donc fondé à me donner le titre de parrain.
loading ...