L' art: revue hebdomadaire illustrée — 6.1880 (Teil 1)

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CHRONIQUE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE.

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découvert, dans leur envolée, leurs bras , leurs épaules et'
leurs jambes. Elles rayonnent de jeunesse, de force et de beauté.
A gauche de la Loi, et au même plan que la Jurisprudence, la
France s'appuie sur un faisceau de licteur. Le drapeau tricolore
déploie ses plis au-dessus d'elle. A droite, de l'autre côté du
trône, un magistrat de la Cour de cassation, drapé dans sa toge
écarlate bordée d'hermine, figure de vieillard austère et grave,
semble, les yeux tournés vers elle, recueillir religieusement ses
arrêts. Il a la tète nue, et d'une main appuie, dans un beau
geste, sa toque sur sa poitrine, tandis que l'autre repose sur le
marbre du piédestal. Un peu plus bas, la Force est assise. Elle
repose sur un grand lion endormi. Entre ses doigts elle tient
une branche d'olivier. Un enfant nu dort paisiblement à ses
pieds, étendu dans les plis de sa tunique.

.— A propos du Cavalier que M. Meissonier expose en ce
moment au cercle de la place Vendôme, voici quelques détails
peu connus sur les procédés de travail employés par l'artiste émi-
nent et qui témoignent de son souci de l'exactitude, de la cons-
cience qu'il met à rendre les gestes, les mouvements, les allures
et les attitudes de ses personnages. Pour y réussir, il s'avise cha-
que jour de quelque expédient nouveau. Dans une curieuse et re-
marquable étude qu'il a publiée récemment dans la Vie moderne,
Émile Bergerat a conté l'histoire de son chemin de fer et com-
ment il s'y prit pour noter exactement le jeu des muscles des che-
vaux en marche. Il loua à Poissy, près de sa maison, une vaste
prairie, on y fit poser des rails; sur ces rails on installa un fau-
teuil roulant dans lequel le maître se fait voiturer, pendant qu'à
ses côtés, un domestique tenant un cheval en bride marche,
trotte ou galope avec lui.

Tous ceux, amateurs ou amis, qui ont visité l'atelier de
M. Meissonier, ont admiré la collection curieuse des maquettes
en cire qu'il exécute d'après le modèle, et qui lui servent à
composer ses tableaux. C'est précisément une figurine de ce
genre qui a servi de type au cavalier du cercle de l'Union. L'ar-
tiste a pris soin d'abord de la mettre bien en selle dans le mou-
vement qui lui convenait. Ensuite il l'a habillée, l'a enveloppée
dans un large manteau, et pour figurer les plis du vêtement
remué par la tempête, il a soufflé sur l'étoffe mouillée jusqu'à
ce qu'elle lui ait donné le mouvement de la draperie et son véri-
table aspect.

— Les artistes se plaignent souvent et avec raison des dif-
ficultés qu'ils éprouvent à se mettre en rapport avec le public.
Quand ils ont fini un tableau, s'il n'a pas été fait sur commande,
ils se voient obligés ou de le garder dans leur atelier où le public
ne peut aller le voir, ou de le porter aux vitrines des marchands
de tableaux, où la place manque et où la plupart du temps les
œuvres exposées sont à peine visibles. La librairie de l'Art, qui
possède, comme on sait, une très belle galerie sur la large avenue
de l'Opéra, avec un jour excellent, vient de mettre ses salles à la
disposition des artistes qui ont de bons tableaux à vendre ; car
la librairie de l'Art se réserve le droit de choisir. Un certain
nombre de toiles, parmi lesquelles nous pouvons citer trois de
Raffaelli, une de Mmc Ayrton, une de Scott, une de Beyle, etc.,
ont été achetées avant même que les salles fussent ouvertes.
Nous n'avons pas besoin d'ajouter que l'entrée est absolument
libre pour le public.

Le Mans. — La ville du Mans, qui prépare une exposition
artistique dont l'ouverture est fixée au 15 mai prochain, orga-
nise des concours d'architecture pour la construction d'un hôtel
de ville et d'un musée avec bibliothèque. En outre, les sculpteurs
trouveront également l'objet d'un concours pour l'exécution
d'une statue à élever à la mémoire de Germain Pilon. La liberté
la plus complète est laissée aux concurrents pour la disposition
de cette œuvre destinée à rendre hommage à la mémoire de l'il-
lustre artiste. Ils pourront présenter soit des dessins, soit des
esquisses ou maquettes à l'échelle qui leur conviendra le mieux.
Une médaille d'or et des médailles d'argent seront décernées
aux lauréats.

Marseille. — Une exposition des beaux-arts, pour les artistes
vivants du département des Bouches-du-Rhône, aura lieu à
Marseille, dans le local de la Société, du 15 avril au 31 mai 1880.

Cette exposition, organisée par la Société des Amis des Arts,
avec le concours du conseil général, donnera lieu à la distri-
bution de divers prix.

i° Un prix d'honneur de mille francs pour la meilleure
œuvre de peinture ou de sculpture.

20 Un prix de 500 fr. pour la peinture d'histoire, de genre,
et le portrait.

3° Un prix de 500 fr. pour le paysage, la marine et la
nature morte.

4° Un prix de 500 fr. pour la sculpture.

5° Un.prix de 25o fr. pour l'aquarelle et la gouache.

6° Un prix de 250 fr. pour dessins, pastels et fusains.

Le concours pour le prix d'honneur est ouvert entre tous
les artistes, médaillés ou non ; mais les autres prix sont réservés
aux artistes n'ayant pas obtenu de médailles aux Salons de Paris.

Le jury chargé d'admettre ou de refuser les œuvres
envoyées, et de distribuer les prix, sera composé du président
de la Société des Amis des Arts, de la commission de peinture,
de deux délégués du conseil général et d'un certain nombre
d'amateurs du département.

Les œuvres des artistes exempts du jury au Salon de Paris
sont admises de droit sans examen.

Seront reçus les ouvrages d'art, de peinture, sculpture,
architecture, aquarelles, dessins, miniatures, gravures, faïences
et porcelaines, des artistes nés ou résidant dans le département
des Bouches-du-Rhône, des artistes élèves de l'école des beaux-
arts de Marseille, des artistes ayant fait partie de la Société, et
enfin, des artistes morts depuis moins d'un an.

Ne pourront être reçus : les tableaux ou dessins sans cadre,
les tableaux ou dessins ayant des cadres de forme ronde ou
ovale, à moins qu'ils ne soient assujettis à des planches dorées
et rectangulaires; les terres non cuites, les sculptures dont le
poids excéderait 200 kilos, les anonymes, les copies exécutées
dans le môme genre que l'œuvre originale, et enfin tous les
objets ayant déjà figuré à Marseille dans une exposition
publique.

La commission de peinture de la Société veillera au place-
ment des œuvres admises et à leur conservation, sans toutefois
assumer la responsabilité d'accidents autres que l'incendie.

Les envois doivent être adressés à M. le président de
la Société des Amis des Arts, rue Montgrand, Marseille; ils
seront reçus du ior au 5 avril inclusivement, terme de rigueur,
et ne pourront être retirés avant la clôture de l'exposition.

Les œuvres feront route aux risques et périls des expéditeurs
jusqu'au moment où la commission en aura réellement pris
possession par la délivrance d'un récépissé entre les mains de
l'exposant ou de son mandataire.

A la clôture de l'exposition, les œuvres seront rendues en
échange du récépissé délivré.

La Société des Amis des Arts se charge du réemballage des
œuvres admises par le jury et en payera les frais de transport,
aller et retour, aux gares d'expédition par la voie la plus di-
recte et par petite vitesse; tout envoi fait par grande vitesse
reste à la charge des artistes.

Les artistes exposants devront remettre avec leurs envois
une notice indiquant leurs nom, prénoms, lieux de naissance et
de résidence, les récompenses obtenues, les noms de leurs maî-
tres, les sujets de leurs ouvrages, l'adresse pour le renvoi et tous
les renseignements pour la vente.

La Société prie messieurs les artistes de n'envoyer leurs
œuvres que dans des caisses fermées par des clous à vis ; et de
bien mentionner leurs noms et adresses sur les lettres de
voiture.

Nancy. — La ville de Nancy ouvre, le 15 mai 1880, sa
vingt-troisième exposition de peinture, sculpture et objets d'art.
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