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L' art: revue hebdomadaire illustrée — 14.1888 (Teil 1)

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https://doi.org/10.11588/diglit.25872#0058

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48

L’ART.

qu’il ne soit pas exempt d’une certaine recherche : Ce qu’il
faut pour écrire. Sur des feuilles de papier d’une entière
blancheur, l’auteur, feu Martial Potémont, a posé, avec
une plume et des pains à cacheter, une bouteille d’encre
du col de laquelle sort un frais bouquet de pensées. L’idée
est ingénieuse ; elle fait, à la fois, sourire et songer. Cette
bluette appartenait à Jules Claye, une des notabilités de
l’imprimerie. Où pouvait-elle être mieux ?

Mais, en général, rien n’est agaçant comme ces inten-
tions spirituelles prêtées à des objets inanimés. Si vous
nous exhibez un amas de venaison, appelez cela tout sim-
plement Gibiers et non pas Un Jour de chance, comme
M. Bergeret (Salon de 1881). Si vous nous montrez des
paniers et bocaux pleins de prunes transparentes, juteuses,
d’un vert velouté piqué de points orangés et pourpres, à
quoi bon ce titre : Pour les jours de fête (Bergeret, 1883) ?
Reines-Claudes me suffit. Croyez-vous que cela ajoute
beaucoup d’intérêt à des ustensiles de cuisine que de les
mettre sous le patronage d’un nom célèbre, comme l’a fait
M. Delanoy lorsqu’il exposa le Cellier de Chardin en 1880,

et VAtelier de Kalf en 1882 ? Le même M. Delanoy, au
Salon de 1885, a cru donner de l’intérêt à de simples ins-
truments de précision et à des mappemondes par le titre :
Che{ Jacques d’Anville ; mais un titre ne suffit pas pour
faire d’un tableau d’attributs un tableau d’histoire.

Pourquoi s’entêter à faire parler ces choses muettes ?
C’est presque toujours leur faire dire des niaiseries. Que
le peintre ne songe donc qu’à faire étinceler les cuivres
sous le rayon d’or qui les éclaire, à faire chanter la gamme
joyeuse des tons frais, éclatants, puissants ou tendres ; le
reste importe peu. Nous ne saurions donc mieux faire que
de le répéter en terminant cette fantaisie déjà bien longue :
les titres les plus simples sont les meilleurs. Même, les
chefs-d’œuvre n’en ont pas besoin ; ou plutôt, leur titre
sort si naturellement des entrailles de l’œuvre qu’il fait
corps avec elle. Voyez VAngélus, de Millet; la Médée,
de Delacroix; le Givre, de Th. Rousseau. Devant des
pages de cet ordre, nos petites rhétoriques n’ont plus qu’à
s’effacer.

Frédéric Henriet.

NOTRE BIBLIOTHÈQUE

CDLIX

Memorial Catalogue of the French and Dutch Loan
Collection Edinburgh International Exhibition 1886.
In-folio de xxxvii et 133 pages. Edinburgh, Printed at
the University Press by T. et A. Constable and Pu-
blished by David Douglas. 1888.

I

En 1886 eut lieu à Edimbourg, la merveilleuse capi-

tale de l’Ecosse et l’une des villes les plus pittoresques
de l’univers, une Exposition Internationale qui obtint le
plus enviable succès, mais que la plupart des Français, trop
fidèles à leurs habitudes routinières, ignorèrent complète-
ment. Jamais voyage cependant — un voyage superbe —
n’avait réuni de conditions mieux faites pour les tenter.
L’Ecosse ne cherchait pas seulement à les attirer par la
variété et la beauté de ses sites, mais aussi par la glorifi-
cation préméditée, et réalisée de la façon la plus intelli-
gente et la plus courtoise, des maîtres modernes français.
Il est pénible de l’avouer, mais le fait est incontestable, les

cj/a

Village au soleil couchant.

Croquis de William Hole, d'après le tableau de Daubigny, de la collection de M. Robert Stewart, de Ratho.
fMemorial Catalogue. Edinburgh International Exhibition 1886.)

touristes français s’abstinrent ou autant vaut. Etrange
façon de compléter sérieusement son éducation que de se
refuser à tout enseignement de source étrangère ! Ce n’est
pas, que je sache, le plus sûr moyen de gagner en expé-
rience et de ne plus retomber dans les fautes douloureuses
du passé. Je m’arrête; je prêcherais dans le désert.

II

L’absence des hôtes français, sur lesquels les Ecossais
avaient à bon droit cru pouvoir compter, n’a fort heureu-
sement exercé aucune influence fâcheuse quant à l'entier
accomplissement du programme que s’étaient tracé, avec
 
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