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L' art: revue hebdomadaire illustrée — 14.1888 (Teil 1)

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https://doi.org/10.11588/diglit.25872#0073

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LA FAÏENCE A VENISE'

(suite)

’est vers 1540 seulement que Ton rencontre un assez grand nombre
de pièces de faïence signées et datées pour qu'il soit aisé de se faire
une idée exacte, sinon des caractères propres aux œuvres vénitiennes,
du moins des influences qui ont donné naissance aux fabriques de
Venise. Urbino, Pesaro et Faenza ont concouru largement à ces créa-
tions : aussi est-il bien difficile de reconnaître la faïence vénitienne
au milieu des produits céramiques exécutés par des artistes qui, en
changeant de lieu de résidence, n’avaient certainement pas changé
leur manière de travailler. Venise, si l’on en croit Piccolpasso, fabri-
quait, vers le milieu du xvie siècle, des arabesques, des grotesques, des feuillages, des fleurs et
des fruits, des pièces dites porcellana, des istorie ou faïences à personnages, à scènes mytholo-
giques ou historiques. C’est dire que tous les genres y étaient cultivés et nul doute que, avec
l’extension des relations commerciales de la République, ces faïences ne fussent expédiées dans
toute l’Europe.

Pesaro fournit à Venise un potier du nom de Jacomo, dont on connaît au moins deux œuvres
authentiques : l’une, citée par Fortnum1 2, porte l’inscription : « In Venetia, a St0 Barnaba. In
Botega dj. M° Jacomo Da Pesaro. 1542 » ; l'autre, qui fait partie des collections du Musée de
South Kensington 3, ne porte que la date Adi i3 aprille iSg3, et une série de lettres impossible
à interpréter : aolasdinr. Dans ces deux plats, la décoration est la même : des arabesques
encadrant des portraits, le tout exécuté en blanc et bleu sur un fond d’émail légèrement bleuté.

Cet émail teinté de bleu, avec dessin en bleu foncé éclairé de blanc, forme la caractéristique
d’un certain nombre de produits vénitiens, et je serais tenté pour ma part de rapporter à Maître
Jacomo de Pesaro la création de ce genre devenu par la suite bien vénitien. On peut du reste
citer un très grand nombre de plats ou de vases offrant le même caractère. Je me bornerai à
en indiquer quelques-uns, parce qu’ils ne sont pas fort rares : un plat orné d'arabesques et
feuillages, avec l’inscription « 040 • adi • 16 • del • mexe • de otvbre (collection Fortnum);

— un très grand plat décoré de même, au Musée de South Kensington 4, lequel porte au revers
1 inscription : « In Venetia in co(n)trada di St0 Polo in botega di M° Lodovico » ; un écusson
chargé dune croix accompagne cette signature; — un grand plat donné au Musée du Louvre,
par M. Alfred Darcel ; il porte la date : A di primo setembre 1548; — une assiette creuse
représentant une vue d’architecture au Musée céramique de Sèvres5 ; — un très joli vase décoré

1. Voir l'Art, i3° année, tome II, pages 175 et 192.

2. Catalogue of tlie Majolica in the South Kensington Muséum, page 588. La signature est reproduite en fac-similé à la page 5g3 du
même ouvrage.

3. N° 85i2. ’63.

4. N° 4488. ’58.

5. N° 5o65 de l'Inventaire du Musée céramique.

Tome XLIV.

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