Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 9.1874

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LES MUSICIENS

DE LUCCA DELLA ROBBIA

es terres cuites émaillées cle Lucca délia
Robbia ont une telle réputation, qu’à force
d’admirer en lui les merveilleuses appli-
cations de l’art à l’industrie on oublie un
peu trop qu’il a commencé par être un
statuaire de premier ordre. Les céramistes,
qui relèvent de la peinture et de la sculp-
ture, ont assurément raison de se préoc-
cuper des procédés de la coloration ; mais
comme la forme est le principe essentiel de l’art, à quelque point de
vue qu’on l’envisage, il est bon de leur rappeler quels furent les débuts
du grand maître dont ils veulent suivre la trace.

Le récit de Yasari sur la jeunesse de Lucca délia Robbia est aussi
touchant que naïf. « Il passait toutes ses journées, dit-il, à manier le
ciseau et toutes ses nuits à dessiner. Souvent le froid le saisissait au
milieu de la nuit; mais pour ne pas quitter son travail, il se réchauffait
les pieds en les mettant dans une corbeille pleine de ces copeaux qui
tombent sous le rabot des menuisiers. Ce zèle ne m’étonne point ; pour
arriver à un rang distingué, dans quelque profession que ce soit, il faut
s’être habitué, dès l’enfance, à supporter le chaud, le froid, la faim et la
soif. On ne peut acquérir une haute position qu’en veillant, en étudiant
sans relâche, et non en dormant et en prenant toutes ses aises. »

Quelques travaux exécutés dans l’église de Sainte-Marie-des-Fleurs
firent connaître avantageusement Lucca délia Robbia, qui fut chargé de
la décoration d’un grand orgue qu’on construisait alors au-dessus de la
porte de la sacristie. « Lucca, dit Yasari, a représenté sur la base, en
quelques groupes, les chœurs de la musique qui chantent de diverses
façons ; il y mit tant de soin et a si bien réussi ce travail, qu’encore qu’il
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