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Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 9.1874

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Nr. 4
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Viardot, Louis: De la destruction des œuvres d'art
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https://doi.org/10.11588/diglit.21838#0416

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

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Au milieu de TAeropolis (ville haute) ou forteresse d’Athènes, se trouvait le temple
primitif de la déesse protectrice dont cette ville avait pris le nom (Athènè), et qui.
dédié a Minerve vierge (parthénos), fut nommé Parthénon. Les Perses deXerxès, ico-
noclastes comme les Juifs, le détruisirent de fond en comble, lorsque, avant la bataille
navale deSalamine, Thémistocle fit retirer les Athéniens sur leurs vaisseaux. Après les
glorieuses victoires de la guerre méclique, lorsque Athènes, rendue à la démocratie,
occupait le premier rang parmi les villes et les États de la Grèce délivrée, Périclès fil
reconstruire le Parthénon (vers 440 avant J.-C.). L’on garda remplacement et les pro-
portions de l’ancien temple, lequel, parce qu’il avait cent pieds grecs de façade, était
nommé Hécatonpédôn. Je ne sais quel est le rapport exact entre l’ancienne mesure
athénienne et la moderne mesure anglaise; mais il se rencontre que la façade du vieil
Hécatonpédôn, ou du moins le tympan de ses frontons, ayant justement cent pieds
anglais, il pourrait encore porter ce nom antérieur au temps de Périclès. Eh bien, pour
borner mon exemple au fronton de l’est [La Naissance de Minerve), il reste seulement,
de toutes les figures qui le composaient, cinq fragments de l’angle gauche, sur un
espace de trente-trois pieds, et quatre fragments de l’angle droit, sur un espace de
vingt-sept pieds. Tout ce qui remplissait l’espace de quarante pieds au milieu, c’est-
à-dire la scène principale, Jupiter entouré des grands dieux, est entièrement brisé,
détruit, anéanti.

C’est donc à la fin de ce xvir- siècle, si savant et si poli, en plein règne de
Louis XIV, quatorze ans après la mort de Molière et sept ans avant que Voltaire naquît,
que s’est accompli cet acte de suprême barbarie, la destruction des figures centrales de
l’un et de l’autre frontons du Parthénon. Que l’art pleure éternellement, comme la
Rachel de l’Ecriture! Comme elle, il a perdu ses plus nobles créations, ses plus chers
enfants ; comme elle, il ne peut plus être consolé. Et notait consolari.

j.ouis VIARDOT.

Le Rédacteur-Gérant: RENÉ MÉNARD.

PARIS. — J. CLAYE, IMPRIMEUR, 7, RUE S A I NT-3 E N O I T. — [303]
 
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