Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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EXPOSITION UNIVERSELLE

LA SCULPTURE

’École française, il y a une vingtaine
d’années, était, en peinture, incontestable-
ment la première; mais elle a beaucoup
appris aux autres et les originalités natio-
nales se sont développées. Un peu plus, il
faudra se défendre; on le voit à l’Exposition
universelle. Nos meilleurs peintres ont d’ail-
leurs leurs similaires, et l’étranger en a
quelques-uns que nous n’avons pas. Il n’en
est pas de même en sculpture. On a re-
marqué depuis bien des Salons combien
la moyenne de la sculpture était plus régulière et plus élevée que celle
delà peinture, et aussi que les pertes s’y réparaient plus régulière-
ment. Cette année la réunion des œuvres de quelques années permet
mieux de porter un jugement d’ensemble, la conclusion est certaine et
l’opinion le reconnaît. La Sculpture française est plus forte que la pein-
ture; elle est de même au-dessus des autres écoles de sculpture, et
sa primauté n’est pas en danger.

11 n’y a là rien d’étonnant, car la sculpture est un art éminemment
français qui a toujours été dans notre pays à une grande hauteur, et qui
n’a pas eu d’éclipse. La peinture n’y a procédé que par saccade, tantôt par
imitations, tantôt par des personnalités. Poussin, Watteau, Boucher, David,
l’école moderne, sont la négation, presque la destruction les uns des
autres. Il y a d’admirables peintres et en grand nombre, mais à l’état
d’individus. Rien de semblable en sculpture; elle est ancienne, assise,
constante et durable. A tous les moments elle a eu des maîtres et de
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