Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 18.1878

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EXPOSITION UNIVERSELLE

L’ÉGYPTE ANTIQUE

i.

Après avoir supporté toutes les domi-
nations et toutes les humiliations, après
avoir vu, même de nos jours, les derniers
monuments de sa gloire transformés en
carrières, l’Égypte pharaonique est encore
en butte aux faux jugements des conci-
toyens de Champollion. Elle a beau se pro-
diguer dans les expositions et dans les
musées, se révéler par des écrits à la fois
solides, élémentaires et d’un prix modique,
la masse des Français continuent d’en
parler comme s’ils revenaient du siècle où
l’on compulsait le gothique ramas de
maître André Thevet, cosmographe de
Charles IX, que de Thou appelait déjà « un asne basté ».

« 11 n’est pas de pays, disait mélancoliquement Mariette-bey, qui ait
fait davantage divaguer la raison humaine! » C’est que l’Egypte des
Pharaons a toujours la vertu d’attirer à elle, comme au temps d’Hérodote
ou de l’empereur Hadrien; mais c’est toujours un peu à la condition
que, au gré de leur imagination, gens du monde, écrivains et artistes se

XVIII. — 2e PÉRIODE. 56
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